Pamphlet contre la bêtise et la méchanceté

 

Votre serviteur

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Difficile de parler de soi de façon objective. Mais je vais vous livrer ici quelques réflexions sur ce qui m'est arrivé.

La première : sachant ce que je sais, ce serait à refaire et bien ... je ne le referai pas.

Jusqu'à ce jour, je n'avais qu'un seul regret vieux de vingt-sept ans. Il est tenace, il me colle à la peau et à l'âme et me ronge de temps à autre. Je vous le livre ici en mémoire d'une personne :

J'avais vingt ans, encore lycéen (j'ai redoublé deux fois), d'une timidité maladive et conséquence logique, encore puceau. J'ai connu une femme de quatorze ans mon ainée. Quand je l'ai connue (elle m'a ramassée dans un caniveau après un grave accident de moto), elle venait de quitter son mari et vivait dans une petite maison à la campagne avec sa fille de trois ans. Nous nous sommes fréquentés, et de fil en aiguille, nous sommes tombés amoureux. En l'espace d'une semaine, nous avons échangé de nombreux baisers et nous avons dormi ensemble une nuit. Une nuit de câlins, de caresses, de mots doux. J'étais bien trop timide pour envisager de lui faire l'amour. Puis, je suis parti en vacances d'été, laissant cette femme seule, insouciant comme on l'est à vingt ans.

J'ai toujours regretté mon geste : sous prétexte de vouloir voir sa fille, son mari l'a fait venir chez lui et l'a étranglée. Elle m'avait dit qu'il était violent et c'est pour cela qu'elle l'avait quitté. Et moi, le jour où c'est arrivé, j'étais à la plage...

Je n'ai jamais oublié ceci et je me suis toujours reproché de ne pas avoir su la protéger. Elle s'appelait  Patricia, elle était brune aux yeux bleus et elle avait une incisive légèrement ébréchée. Elle était belle et douce et ne méritait pas de mourir.

J'ai été témoin à charge dans le procès et son mari à pris dix-huit ans ferme.

Maintenant, je trainerai à jamais un second regret : avoir cédé à la tentation de ma sirène, ne pas avoir été assez fort pour ne pas fauter et causé du mal autour de moi.

Ce qu'elle m'a fait fut une vrai épreuve de force pour moi. J'ai du me battre contre moi-même, contre l'emprise morbide et tellement tentante de terminer cette histoire en nous tuant tous les deux. J'ai du faire un long chemin de croix pour ne pas sombrer. Puis, j'ai bu le calice jusqu'à la lie quand j'ai découvert sa vraie nature, quand j'ai du plonger seul dans la noirceur de son âme comme un plongeur des bas fonds, fouillant la vase pour y trouver des faits et des vérités qui m'ont fait très mal.

J'ai du travailler d'arrache-pied pour coucher tout cela par écrit, sacrifiant près de cinq mois de ma vie dans des recherches dégoutantes.

J'ai lu L'Ethique de Spinoza afin de me libérer de mes sentiments.

Puis, j'ai changé.

J'ai perdu mon innocence : jusqu'à cette épreuve, j'ai toujours cru en l'individu, je me refusais à croire que des humains pouvaient agir de mauvaise façon pour satisfaire des ambitions personnelles. Toute ma vie, j'ai cherché à comprendre les motivations d'autrui. Beaucoup de personnes que j'ai eu à côtoyer m'ont étonné et emmerveillé par bien des côtés bien qu'elles n'étaient pas forcément reconnues par leur pairs. Bref, j'ai toujours cru en l'humanité et en sa bienveillance. Le réveil fut dûr.

Elle m'a volé ma candeur.

J'ai aussi emprisonné, muselé et réduit à une petite chose insignifiante celui qui aurait été jusqu'à se damner pour elle. Malheureusement, c'est lui qui a tout mon potentiel amoureux.

Elle m'a volé ma capacité à aimer une autre femme.

MAIS

J'ai gagné quelque chose. Quand elle a daigné me revoir après que j'eus disjoncté par trois fois, nous avons eu un long rendez-vous. J'étais dans tous mes états. A un moment, elle m'a dit en substance : « Tu est un asocial. Conséquence,  tu n'as pas d'ami vers qui te tourner pour t'aider ». J'ai été blessé par cette réflexion, à double titre : d'une part, je suis devenu asocial le jour où je suis tombé fou amoureux d'elle : dès ce jour et jusqu'au dernier moment elle a occupé mes pensées de tous les jours. D'autre part, elle n'a jamais supporté que j'ai un ou une amie qui aurait pu me distraire d'elle.

Et je me suis réveille : j'ai vu que plusieurs personnes étaient touchées par ce qui m'arrivait et pour certaines sans même en connaitre la cause. Des personnes navrées de me voir me trainer, ombre de moi même, délabré, amaigri, suant mon mal être par toutes les pores de ma peau. Toutes ces personnes, d'aucunes par leur paroles, d'autres par leur gestes, et d'autres enfin par le simple fait d'exister et de traverser des épreuves bien plus dures que la mienne m'ont insufflé une force dont je leur serai éternellement redevable.

Un nouvel être est né de ces deux changements : un être un maintenant conscient de la noirceur absolue de certains mais encore plus étonné et émerveillé de la bienveillance et du haut degré d'humanité d'autres.

Le ratio est de 1 pour 14, cela me rassure quand même.

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Commentaires

Par ludovic le lundi 18 janvier 2010 à 01:28

peace in your breath and your heart .
peace in our mind .

je prierai les dieux du ciel et de la terre ,
j'invoquerai la force des grands arbres ;
la force indicible des cieux noirs puis étincellant de lumiére.

l'ultime carresse du rocher froid au petit matin;
la perle de rosée qui se dépose au creux d'une feuille diaphane
la chaleur d'une note de musique au creux de mon oreille

la douceur de tes carresses
le vent qui siffle glacial un soir d'hiver
l'écume de la mer froide

puis je me loverais contre toi mon amour
repu de ton amour
nous dormirons ensemble sous le ciel de novembre

pour nous éveiller
auprés d'un arbre sorti de sa léthargie hivernale
nous seront enfin libre d'aimer

au delà de cette petite mort
ineffable douceur de la vie
enfin renaître au monde.

qu'il est doux d'aimer .

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