Pamphlet contre la bêtise et la méchanceté

 

Ce site

Comme je l'ai déjà évoqué dans l'introduction, ce site n'est que la conséquence de ses actes et plus précisément de son absence de prise de responsabilité. Elle n'aura pris que deux décisions durant notre liaison : m'aliéner et ... se marier.

Je n'aurais jamais écrit ces lignes si, dès 2004, elle m'avait expliqué que c'était fini entre nous, qu'elle avait décidé de construire son avenir avec Roger. Cela m'aurait épargné un divorce et sa cohorte de conséquences douloureuses.

Ce site n'aurait jamais vu le jour si elle m'avait laissé me détacher d'elle durant les trois mois où son mariage était encore d'actualité. Bien au contraire, à cette époque quand je lui ai annoncé que j'acceptais son choix mais qu'il fallait alors qu'on arrête ce jeu de l'amour, elle a immédiatement cessé de m'en parler et a continué à faire en sorte que je continue de crever d'amour pour elle.

De la même manière, si elle avait été capable d'affronter sa duplicité, de reconnaitre devant Roger la vilaineté de ses actes, d'avouer tout ce que je rapporte dans mon histoire, je n'aurais jamais eu besoin de déverser ma rancœur et ma colère dans ces pages.

Au lieu de cela, elle a opté pour la politique de l'autruche. Par cette attitude, elle est à l'origine de ce site.

Et même à l'heure où j'écris ces lignes, où je suis serein, calme, j'ai tenté plusieurs fois l'ouverture avec elle. Gentiment, sans agression aucune et sans évoquer notre histoire sinon en lui disant que j'aimerais bien comprendre cette énigme. Et bien, elle n'est ni capable de tenter de se racheter en me donnant des explications sur ce qu'elle m'a fait subir, ni capable de me dire de la laisser tomber définitivement. A nouveau, aucune prise de responsabilité.





Elle, elle et encore elle

Dans tout ce qui a précédé, je n'ai rapporté que des faits. Il est temps de dire ce que je pense de cette personne.

Maintenant que j'ai réussi à refouler celui en moi qui était définitivement amoureux d'elle, mon jugement est tout autre. Je connais cette femme dans ses moindres recoins, presque aussi bien que je me connais moi-même. Je connais son mode de fonctionnement exact et je pourrais l'amener où je veux, quand je veux rien que par le verbe. Si cette vengeance ne me suffisait pas je saurais exactement quel serait la prochaine étape pour l'enfoncer comme elle m'a enfoncé parce que je sais quelles sont ses vraies peurs.

Elle n'est pas intelligente, elle est méchante, elle est creuse. Mais elle est rusée, hautement opportuniste et hypocrite. Au vue de ma longue enquête, je sais que pour elle, seules comptent les apparences. Il suffit qu'une personne taille une petite brèche dans sa couverture et entre-aperçoive sa vraie nature pour qu'elle coupe immédiatement les ponts avec elle. Quand il s'agit d'une simple connaissance, c'est relativement sans conséquence. Quand il s'est agit de moi ce fut autre chose : j'ai du m'en sortir vraiment seul. Je n'ai eu aucun soutien de sa part sinon quelques tentatives pour essayer de reprendre son emprise sur moi. Quand elle a vu que cela ne fonctionnait pas, elle a agit comme son mode de fonctionnement le laissait présager : rupture totale.

Une petite partie de moi me dit qu'en fait il s'agit d'une pauvre enfant gâtée qui n'a jamais eu à se frotter aux difficultés de ce monde : issue d'un milieu bourgeois et hypocrite où, par exemple, on n'annule pas son mariage alors qu'on est enceinte de son amant, quitte à divorcer discrètement ensuite. Son appartement a été payé par son père, sa voiture par sa mère, sa maison de campagne par son mari. Ce qu'elle a pu gagner comme argent, elle le dépense systématiquement en habits, spectacles, voyages, sorties, chaussures (deux armoires pleines). Si je devais dresser la liste de mes cadeaux, il me faudrait trois ou quatre pages format A4 ! Elle n'est même pas peintre comme elle me l'a fait croire au début, je n'ai jamais vu aucune de ses toiles.

Névrosée, uniquement capable de se calmer en dépensant et dépensant encore, tournant avec des découverts vertigineux, capable d'emprunter 700 € à son amoureux éperdu pour financer l'alliance de son mari. Incapable de lui rendre à moins que l'amoureux n'appelle son mari une première fois pour les lui réclamer. Puis qu'il soit obligé de la menacer d'envoyer copie de tous ses échanges pourris avec ses confidents tordus au dit mari avant qu'elle ne craque enfin. Pour la petite histoire, sitôt que j'ai eu reçu le chèque, je me suis empressé de le mettre en banque. Je m'en suis pris une car j'avais dit que j'attendrais un peu. Bien sûr j'avais menti !

En neuf années, elle n'aura pris que deux décisions : celle de m'aliéner dès notre premier baiser (rappelez vous : « cet homme là, je le veux et je l'aurais coute que coute ») et celle de se marier dans mon dos sachant très bien ce que j'éprouvais pour elle. Dans tous les autres cas, elle m'a manœuvré pour que ce soit moi qui prenne les décisions, se dégageant ainsi toute responsabilité et fourbissant ses armes pour me faire culpabiliser.

Son extrême féminité n'est qu'apparences : elle cache en elle un vrai salaud de mec. Un de ceux qui sont mariés, avec une maitresse qui a tout quitté pour eux, et qui promettent de quitter leur femme sans jamais le faire. Elle n'est juste bonne qu'à donner une illusion de la perfection, aussi bien d'elle même que de tout ce qu'elle possède ou entreprend.

Et par dessus tout, c'est une menteuse effrontée. Après 2003, pendant six longues années, toute notre liaison ne fut qu'un énorme tissus de mensonges :

  • Toutes les excuses foireuses à chaque fois qu'elle à refusé de me retrouver, me laissant seul soit chez moi, soit à l'hôtel ;
  • « Roger m'a forcé à faire l'amour » alors qu'elle faisait la tête parce qu'elle n'avait pas envie de me voir
  • Toutes les fois où je lui ai demandé de vivre avec moi et la sempiternelle réponse usée jusqu'à la corde : « Tu ne supporterais pas de vivre avec moi »
  • La fois où elle a - soit disant - annoncé à Roger qu'elle avait un amant mais qu'il ne l'a pas crue. Je peux vous dire que le jour où moi je lui ai dit, il n'a eu aucune réticence à me croire.
  • Continuer à faire en sorte que je reste amoureux, me faire culpabiliser d'avoir rompu et dans le même temps, flirter (et plus si affinités) avec mon patron
  • « Mon mariage n'est qu'une formalité, ce n'est pas un mariage d'amour, juste un passage à la Mairie et la signature d'un malheureux bout de papier ». Roger me dira exactement le contraire. Je la rappellerai après et elle le traitera de menteur
  •  « Je ne couche pas avec Roger. Quand il t'a dit le contraire, il t'a menti ». Je ne pense pas qu'il appréciera cela si jamais il me lit
  • Et, par dessus tout, le mensonge par omission : me laisser dans l'ignorance de son mariage et le fait que je l'apprenne à postériori et même pas de sa propre bouche.

A cela s'ajoute les mensonges à ceux qui pense qu'elle est leur vraie amie. Au grand jamais elle ne racontera à qui que soit  la vérité sur la façon dont elle m'a manipulé, sur ce que j'ai fait pour elle, sur ce qu'elle a obtenu de moi.

Je me fiche qu'elle ait épousé Roger et je l'aurais accepté (je l'avais accepté d'ailleurs), si cela la rendait heureuse. Je n'ai jamais été jaloux, bien que je sois souvent passé en dernier dans ses priorités. Ce qui est hautement condamnable, c'est qu'elle ait bafoué et sali la pureté et la sincérité de mes sentiments envers elle. Elle était parfaitement au courant de ce que j'éprouvais pour elle et ce qu'elle représentait pour moi. Quand une personne s'offre totalement à vous, en toute lucidité, au point d'aller jusqu'à donner sa vie pour vous si c'était nécessaire, on n'agit pas comme elle l'a fait.

Faites donc cet exercice : prenez un papier et faite la liste de ce qui motive votre amour de l'autre. Souvent, cette liste est courte et se résume à "Je t'aime parce que ... je t'aime". J'avais fait cette liste et je peux vous assurer qu'elle était longue, très très longue. Elle savait parfaitement la force et la grandeur de mes sentiments. Elle les a piétiné comme on écrase une vulgaire araignée (chose que je ne fait jamais d'ailleurs, j'aime bien les araignées). Elle a utilisé mes sentiments jusqu'au bout pour obtenir ce qu'elle voulait, et même après que j'ai eu rompu avec elle.

En d'autre circonstances, j'aurai éprouvé de la compassion pour une telle créature, mais cela m'est interdit maintenant. La compassion risque de libérer celui en moi qui l'aime inconditionnellement et je ne veux pas de cela.

Je finirais ce long billet par quelques dédicaces :

Je nous avais dédié une chanson : Ouverture de Etienne Daho. Prenez la peine d'écouter ou de lire les paroles et d'en saisir l'essence.

Il n'est pas de hasard
Il est des rendez-vous
Pas de coïncidences.
Aller vers son destin,
L'amour au creux des mains
La démarche paisible.
[...]
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Je lui dédie maintenant une œuvre littéraire : Les Liaisons dangereuses. Elle sera définitivement ma Marquise de Merteuil. Je lui dédie aussi une chanson de Georges Brassens : La traîtresse

[...]
J'ai surpris les Dupont, ce couple de marauds
En train de recommencer leur hymen à zéro
J'ai surpris ma maîtresse équivoque, ambiguë
En train d'intervertir l'ordre de ses cocus
Ma maîtresse, la traîtresse !
[...]
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Brassens était trop fort : il lui faut cinq couplets là ou je fais un site entier !!!





Son alliance

J'avais besoin de ce petit billet. Il est totalement subjectif, mais comme disent nos amis Anglais : "Perception is reality" ...

Je n'ai pas remarqué son alliance à notre première rencontre après son mariage, pourtant,  j'ai toujours regardé cette femme avec la plus grande attention.

Je l'ai vue après, c'est une énorme bague trois ors. Elle est ostentatoire, à la limite du mauvais goût. Elle est ringarde, les bagues trois ors, c'était dans les années 80 ! Rien à voir avec les sobres anneaux que nous avions échangé

Mais elle sied bien au personnage : voyante mais à mille lieues de ce qu'elle symbolise. On ne dirait vraiment pas une alliance. Alors, qui sait, un nième joli garçon un peu aisé pourrait craquer pour cette belle blonde apparemment célibataire.

Oui, j'interprète. mais si peu...





Mon ami

J'ai un ami au bureau. On s'est rencontré quand je suis rentré dans la société il y a douze ans de cela. On a tout de suite accroché tous les deux. On ne fait pas des trucs que font les potes ensemble d'habitude mais je crois que notre amitié est sincère, profonde et réciproque.

Elle n'a jamais supporté cela. Depuis le début elle n'a jamais cessé de me répéter : « détrompe toi, il n'est pas ton ami, ce n'est qu'une personne qui se sert de toi pour arriver à ses fins. Il se prend pour le centre du monde ». Je pense qu'elle en était jalouse et qu'elle ne concevait pas que quelqu'un d'autre qu'elle puisse compter pour moi. Quand nous en parlions, cela l'énervait au plus haut point.

Comble de l'hypocrisie : quand j'ai disjoncté, pour se protéger et ne pas avoir à gérer les conséquences de ses actes, elle s'est tournée vers ... lui, pour se sauver elle.

A mon copain : si je n'ai pas sombré dans une folie meurtrière c'est en grande partie grâce à toi. Tu savais que c'aurait pu arriver, tu m'en avait reconnu la capacité et la volonté, mais tu as su trouver les mots justes pour m'en dissuader. Tu auras amené - avec d'autres - les pierres qui ont construit le pont me permettant de franchir cette épreuve. Je t'en remercie du fond du coeur. Je crois que nos actions, bonnes ou mauvaises, sont sanctionnées un jour ou l'autre. Quand viendra ce jour, tu pourras être serein.





Mon ex-femme

Elle est tout le contraire de Triniti. Physiquement d'abord : menue, brune aux yeux marrons, mignonne. Ensuite, à l'intérieur, elle est aux antipodes de l'autre : elle est d'une droiture exemplaire, elle n'a jamais menti, elle se remet systématiquement en question et à toujours cherché à avancer pour s'améliorer. Elle a élevé quatre enfants dont un n'était même pas le sien. Il y a eu des difficultés mais mes enfants sont équilibrés et bien dans leur peau.

Elle a su surmonter notre divorce, renoncer à moi sans que nous ayons à couper les ponts au risque de déstabiliser les enfants. Elle m'a laisser me réinstaller à la maison et elle m'a soutenu et aidé à me relever alors que je touchais le fond. Sans elle et sans mon ami, l'histoire se serait terminée par un meurtre et un suicide.

A défaut de pouvoir l'aimer car Triniti m'a volé mes sentiments amoureux, je lui rends grâce pour toute l'aide qu'elle m'a apporté. Je suis et je resterai son débiteur à jamais.

Mon ex-femme, si tu lis ce billet, clique sur ce lien. Il est pour toi et uniquement pour toi.





Roger

Roger, Roger, qu'en dire ? ...

D'abord, je n'ai jamais eu le sentiment de fauter vis à vis de lui. Triniti n'était pas mariée, il avait son propre appartement, ils n'avaient pas de rapports amoureux (sic). Fort de cela, je n'ai jamais eu aucune jalousie ni aucune animosité envers lui.

Puis, je l'ai rencontré, plusieurs fois, je lui ai serré la main, nous avons sympathisé. Alors, j'ai été obligé de rompre avec Triniti pour l'obliger à choisir.

Le cocu ce n'est pas lui, c'est moi.

MAIS, il a joué avec le feu : par deux fois je l'ai sollicité, par deux fois il m'a opposé une fin de non recevoir. La seconde fois, j'aurais eu une arme, Triniti et moi serions morts à l'heure actuelle. Par cette attitude, il est aussi responsable de la création de ce blog. Je pense que depuis le temps qu'ils sont ensemble, elle a fini par déteindre lentement sur lui et il s'est endormi, bercé par ses mensonges.

Lors de mon second appel au secours, Triniti m'a ensuite raconté qu'il voulait me casser la gueule. Moi, je lui conseille d'abord de lire la totalité de ce site, puis il saura sur qui cogner.

Il n'est pas méchant, c'est un dormeur (il travaille très tôt le matin), il est usé par son boulot et tout le travail qu'elle lui donne à faire. Il finira bien par se réveiller un jour. A son crédit, il s'occupe bien de son fils.

Pour des raisons historiques, il gagne très bien sa vie. Si j'étais lui, je lèverais le pied, je changerais de boite histoire de travailler moins dur et de gagner trois fois moins...

Je sais qu'ils sont mariés sous contrat. Je me pose la question : à l'initiative de qui ?





Ditch

Ditch, le "frère". Qui se ressemble s'assemble dit le vieux dicton.

C'est un tordu. Je déteste ce genre d'individu qui prône un mode de vie basé sur les apparences, le mensonge et la tromperie. Vous n'avez qu'à lire les conseils qu'il donne à Triniti dans le billet A vomir et les valeurs qu'il reconnait.

Dans tout ce que j'ai lu, je les vois tous les deux, se sentant tellement supérieurs, se gaussant des autres, se gargarisant de leur bonne éducation et de leur intelligence, se croyant tellement supérieurs aux autres qui gravitent autour d'eux.

Ce type là m'a traité de c.n, m'a souhaité de m'étouffer avec mon café et autres méchancetés et jugements sans même connaitre ni mes sentiments, ni jusqu'où j'avais été pour ma déesse. Et dire qu'à la demande de Triniti, j'ai téléchargé et gravé l'intégrale d'Elvis Presley (15 CDs). Je me souviens y avoir passé la nuit entière pour qu'elle les ait le lendemain et puisse les lui donner pour une fête ou un anniversaire...

Les deux sont bêtes, méchants et cyniques. Ils sont tous les deux protestants, donc, chrétiens. Je ne vois aucune once de bienveillance chrétienne chez eux. Si j'étais chrétien et que je me comportais comme ils se comportent, j'aurais peur pour mes fesses le jour où j'aurais à me présenter devant mon dieu.

Elle a trouvé son double, ce n'était pas moi.

Ditch, si jamais tu tombes sur ce billet, va donc faire un tour du côté de Ca balance. Toi aussi t'en prends pour ton compte...

Quand je dis que Roger se trompe de punching-ball...





De la dépression et du suicide

Je mentionnais ceci à propos de la dépression dans un billet des Chroniques de l'après :

« Il faut en vivre une pour savoir exactement ce que c'est. J'ai connu quelques personnes dépressives et je ne comprenais pas comment elles n'arrivaient pas à s'en sortir. Je pensais qu'elles étaient faibles, c'était ma vision extérieure, la vision d'une personne bien dans sa peau. Quand la dépression vous frappe, je vous assure que l'on change radicalement de point de vue et l'on comprend alors pourquoi les autres avant vous ont plongé pendant des mois voire des années... »

J'ai fait une dépression sévère pendant trois mois. Je comprends maintenant ces personnes et je les plains de tout mon cœur. Elles ont besoin de toute notre compréhension et notre compassion.

Les médicaments ne sont qu'une béquille chimique. Ils aident à contrôler les idées de mort mais ils ont un effet pernicieux en empêchant la raison et l'intelligence de l'emporter. Mais, quand la souffrance est là au point que seule la mort peut la faire cesser, il ne faut pas hésiter et s'appuyer sur cette jambe de bois.

La thérapie aide aussi à condition de tomber sur un bon praticien. Il doit être bon techniquement et le courant doit passer entre vous et lui. Pour ma part, le premier psychiatre que j'ai vu ne m'a pas pris au sérieux au vu de mon grand calme apparent. J'ai toujours tout intériorisé, alors, c'est difficile de se lâcher devant une personne que l'on ne connait pas. Pourtant, les mécanismes de l'esprit ne devraient pas avoir de secret pour lui. J'ai laissé tomber tout de suite. J'ai rencontré alors une autre personne qui a su m'aider en me reconnaissant le droit de souffrir, celui de vouloir mourir et celui de vouloir tuer. Une fois cette reconnaissance accordée, il est beaucoup plus facile de se livrer.

Le premier n'a fait que m'écouter pendant une heure pour finir par me dire : « je ne peux rien pour vous, il faut voir un psychologue ». La seconde m'a laissé parler quinze minutes et a commencé à m'expliquer et m'inculquer quelques vérités dont je ne me doutais pas. Le dialogue s'est instauré. Je pense qu'un bon thérapeute ne peut pas qu'écouter et acquiescer de temps à autre en prenant des notes pour finir par vous sortir une théorie fumeuse au bout de dix séances.

Enfin, il faut savoir que plus la personne est forte, plus sévère est la dépression. Mais cette force, l'intelligence, la raison, mon optimisme naturel ont fait que j'ai pu m'en sortir avec l'aide de tous les gens qui m'ont soutenu.

J'ajouterai quelques mots sur le suicide, l'envie de mort avec ou sans passage à l'acte.

Une idée commune (et je la partageais volontiers avant), veut que si l'on commence à parler de son suicide, on ne passe pas à l'acte. Ce ne serait en réalité qu'une forme de chantage.

Cette idée tenace est dangeureuse et je pense que plusieurs suicides seraient évités si elle n'avait pas la vie dure. La réalité c'est qu'un suicidaire va en parler. On ne se suicide pas sans préparer ce moment, sans en parler, sans jeter à la face des gens : « Voyez comme je souffre, mais cela va s'arrêter car je vais franchir le pas. Voyez comme j'ose quitter le monde des vivants pour passer de l'autre côté. Voyez mon courage et mon grand malheur »

Cette "mise en scène" est un acte réfléchi visant à prendre le monde à témoin de notre énorme souffrance. Si à ce moment, on avait un moyen de se supprimer, on ne le ferait sûrement pas. Mais, la volonté de mort est là, bien ancrée, et, dans l'esprit, le pas a été franchit.

Alors : quand l'occasion se présentera on passera à l'acte. Il s'agira là d'un acte irréfléchi, irrationnel, un besoin impétueux de faire taire la souffrance qui vous envahit entièrement jusqu'à ce que vous ne soyez plus qu'une gigantesque plaie béante.

Je le sais. Je l'ai vécu par quatre fois.
La première fois, si un certain passage à niveau avait été fermé quand j'ai du le traverser, je me serais arrêté là attendant ma mort.
La seconde fois, si j'avais eu une arme chez moi, je l'aurais utilisée
Les troisième et quatrième fois, si j'avais été armé, j'aurais tué Triniti pour me suicider dans la foulée

A chaque fois cela n'a duré qu'un très court instant, moins de trois minutes. Mais l'envie était là, irrépressible, incontrôlable. Je peux affirmer que je suis déjà mort par quatre fois.

Ce n'est pas la raison qui m'a sauvé, ce ne sont à chaque fois que les circonstances : le passage à niveau était fermé ; je n'ai pas d'arme chez moi.

Je suis maintenant sûr et certain que beaucoup de suicides ne se produisent pas, uniquement parce que des passages à niveau sont fermés ou des métros en retard.

Paradoxalement, je sais aussi que si je n'arrivai pas surmonter l'épreuve (mais, pas d'inquiétude, je suis bien parti pour), et que la souffrance qui envahit jusqu'à la moindre parcelle de votre être revenait, alors, le meurtre et la mort seraient ma porte de sortie. Cette idée me rassure.





Votre serviteur

Difficile de parler de soi de façon objective. Mais je vais vous livrer ici quelques réflexions sur ce qui m'est arrivé.

La première : sachant ce que je sais, ce serait à refaire et bien ... je ne le referai pas.

Jusqu'à ce jour, je n'avais qu'un seul regret vieux de vingt-sept ans. Il est tenace, il me colle à la peau et à l'âme et me ronge de temps à autre. Je vous le livre ici en mémoire d'une personne :

J'avais vingt ans, encore lycéen (j'ai redoublé deux fois), d'une timidité maladive et conséquence logique, encore puceau. J'ai connu une femme de quatorze ans mon ainée. Quand je l'ai connue (elle m'a ramassée dans un caniveau après un grave accident de moto), elle venait de quitter son mari et vivait dans une petite maison à la campagne avec sa fille de trois ans. Nous nous sommes fréquentés, et de fil en aiguille, nous sommes tombés amoureux. En l'espace d'une semaine, nous avons échangé de nombreux baisers et nous avons dormi ensemble une nuit. Une nuit de câlins, de caresses, de mots doux. J'étais bien trop timide pour envisager de lui faire l'amour. Puis, je suis parti en vacances d'été, laissant cette femme seule, insouciant comme on l'est à vingt ans.

J'ai toujours regretté mon geste : sous prétexte de vouloir voir sa fille, son mari l'a fait venir chez lui et l'a étranglée. Elle m'avait dit qu'il était violent et c'est pour cela qu'elle l'avait quitté. Et moi, le jour où c'est arrivé, j'étais à la plage...

Je n'ai jamais oublié ceci et je me suis toujours reproché de ne pas avoir su la protéger. Elle s'appelait  Patricia, elle était brune aux yeux bleus et elle avait une incisive légèrement ébréchée. Elle était belle et douce et ne méritait pas de mourir.

J'ai été témoin à charge dans le procès et son mari à pris dix-huit ans ferme.

Maintenant, je trainerai à jamais un second regret : avoir cédé à la tentation de ma sirène, ne pas avoir été assez fort pour ne pas fauter et causé du mal autour de moi.

Ce qu'elle m'a fait fut une vrai épreuve de force pour moi. J'ai du me battre contre moi-même, contre l'emprise morbide et tellement tentante de terminer cette histoire en nous tuant tous les deux. J'ai du faire un long chemin de croix pour ne pas sombrer. Puis, j'ai bu le calice jusqu'à la lie quand j'ai découvert sa vraie nature, quand j'ai du plonger seul dans la noirceur de son âme comme un plongeur des bas fonds, fouillant la vase pour y trouver des faits et des vérités qui m'ont fait très mal.

J'ai du travailler d'arrache-pied pour coucher tout cela par écrit, sacrifiant près de cinq mois de ma vie dans des recherches dégoutantes.

J'ai lu L'Ethique de Spinoza afin de me libérer de mes sentiments.

Puis, j'ai changé.

J'ai perdu mon innocence : jusqu'à cette épreuve, j'ai toujours cru en l'individu, je me refusais à croire que des humains pouvaient agir de mauvaise façon pour satisfaire des ambitions personnelles. Toute ma vie, j'ai cherché à comprendre les motivations d'autrui. Beaucoup de personnes que j'ai eu à côtoyer m'ont étonné et emmerveillé par bien des côtés bien qu'elles n'étaient pas forcément reconnues par leur pairs. Bref, j'ai toujours cru en l'humanité et en sa bienveillance. Le réveil fut dûr.

Elle m'a volé ma candeur.

J'ai aussi emprisonné, muselé et réduit à une petite chose insignifiante celui qui aurait été jusqu'à se damner pour elle. Malheureusement, c'est lui qui a tout mon potentiel amoureux.

Elle m'a volé ma capacité à aimer une autre femme.

MAIS

J'ai gagné quelque chose. Quand elle a daigné me revoir après que j'eus disjoncté par trois fois, nous avons eu un long rendez-vous. J'étais dans tous mes états. A un moment, elle m'a dit en substance : « Tu est un asocial. Conséquence,  tu n'as pas d'ami vers qui te tourner pour t'aider ». J'ai été blessé par cette réflexion, à double titre : d'une part, je suis devenu asocial le jour où je suis tombé fou amoureux d'elle : dès ce jour et jusqu'au dernier moment elle a occupé mes pensées de tous les jours. D'autre part, elle n'a jamais supporté que j'ai un ou une amie qui aurait pu me distraire d'elle.

Et je me suis réveille : j'ai vu que plusieurs personnes étaient touchées par ce qui m'arrivait et pour certaines sans même en connaitre la cause. Des personnes navrées de me voir me trainer, ombre de moi même, délabré, amaigri, suant mon mal être par toutes les pores de ma peau. Toutes ces personnes, d'aucunes par leur paroles, d'autres par leur gestes, et d'autres enfin par le simple fait d'exister et de traverser des épreuves bien plus dures que la mienne m'ont insufflé une force dont je leur serai éternellement redevable.

Un nouvel être est né de ces deux changements : un être un maintenant conscient de la noirceur absolue de certains mais encore plus étonné et émerveillé de la bienveillance et du haut degré d'humanité d'autres.

Le ratio est de 1 pour 14, cela me rassure quand même.





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