Pamphlet contre la bêtise et la méchanceté

 

Ouverture

Cette période est un long coucher de soleil avant que ne tombe la nuit noire et sans lune.

Pendant ces années, elle va lentement construire avec Roger tout en gardant son emprise sur moi. Elle se trahira par deux fois mais je resterai aveugle. Jamais elle ne me dira la vérité sur ce qu'elle préparait et sur le futur qu'elle envisageait. Dans sa vision, je devais rester l'amoureux éperdu, prêt à tout pour elle, réclamant sa présence comme un gueux quémande quelque crouton pour pouvoir survivre. Les vers "laisse moi devenir l'ombre de ton ombre, l'ombre de ton chien" prennent ici tout leur sens. Je devais rester à sa disposition, passant après sa vie familiale, sa vie avec Roger, sa vie professionnelle et sa vie sociale.

L'année 2005, année de mon divorce, sera particulièrement éprouvante et nous ne nous verrons qu'une demi-douzaine de fois dans l'intimité. Le plus souvent ce sera un samedi après midi. Jamais plus nous ne dormirons ensemble.

Par contre, nous ferons souvent du shopping : dessous chics, jupes et pantalons sur mesure en cuir, carrés hermès, parfum et autres accessoires.

La lente descente aux enfers se poursuivra sans que je ne m'en rende compte pour finir par une inévitable pseudo-rupture...





Le bustier Christian Dior (2/2)

Mai 2004

Après plus d'un an de recherches, j'ai fini par trouver le fameux bustier Christian Dior qu'elle voulait à tout prix. Je l'ai trouvé sur Internet sur un site de lingerie haut de gamme. Le prix est à la hauteur de la beauté de l'objet : 325 €. Je passe commande et le bustier si attendu m'est enfin livré. Je trépigne d'impatience de pouvoir lui offrir et je voudrais bien la voir l'essayer. Je l'invite à passer un samedi après midi à mon appartement. Elle accepte, ce sera le samedi 15 Mai car je n'ai pas la garde de mes enfants cette semaine.

Comme à chaque fois depuis fin 2003, elle n'est pas contente de venir dans mon "village ringard" de ma "Seine et Marne de ploucs". Je n'aime pas quand elle me parle comme ça. L'après-midi que nous allons passer ensemble est tendu. Elle est froide, distante. Je suis désappointé, je ne comprends pas sa réaction et la dispute n'est pas loin. Nous nous quitterons tôt. Je suis dans une totale incompréhension et malheureux. Bien plus tard, j'apprendrai qu'elle dira à son confident Ditch :

« J'ai encore fait des miennes avec chiant-ian, nous avons essayé de passer un après-midi ensemble sans dispute à essayer le Bustier. Enfin bref j'ai fait une tête pas possible, mon bustier faisait partie de la collection hiver et nous sommes au mois de mai !!! je suis partie sans lui dire au revoir.  Après j'étais tellement énervée, j'ai passé mes nerfs sur Roger »

Il lui répondra

« Tri, tu déconnes
Ha non non non je t'interdit de passer tes nerfs sur Roger
Arrête avec le ian et fais un énorme câlin à Roger ce soir. »

Ce qu'elle fera sûrement et avec ce si joli bustier...





Y aurait-il anguille sous roche ?

30 septembre 2004

Je suis chez mon ex-femme pour régler quelques soucis d'organisation avec les enfants. Je vais recevoir deux SMS de ma belle. Le second va me plonger dans un état de grande perplexité et d'agitation.

« Bonsoir Neo. Je viens de me disputer avec R. Il m'énerve. Je viens de lui dire que j'ai pris un amant et il s'en fiche. Il ne me croit pas. Je ne lui ai pas dit qu'il s'agissait de toi mais fais attention à toi quand même demain en venant au bureau, il pourrait avoir deviné »

Ce message me laisse dubitatif et les questions déboulent : pourquoi ne la croit-il pas ? comment lui a t-elle annoncé ? pourquoi ne pas avoir dit que c'était moi ? Pourquoi ne l'a t-elle pas renvoyé chez lui ? je n'ai rien à cacher, je suis divorcé et je veux vivre avec cette femme. Je souffre depuis bien longtemps de ne pas pouvoir afficher cet amour en public. Autour de nous, au bureau, il y en a qui ont franchit le pas et qui sont heureux.

Pour l'avoir vécu, je sais que ce genre de déclaration s'ensuit  immédiatement d'une salve de questions : qui est-ce, depuis combien de temps, que comptes-tu faire ? Le tout doublé d'une série de reproches. Dans son cas, l'affaire est enterrée directement... J'ai besoin de réfléchir, je ne comprends pas son attitude. Elle avait l'occasion de tout avouer, de montrer qu'elle veut construire avec moi, pas avec lui et elle n'en a rien fait... Je vais lui répondre par le SMS suivant :

« Bonsoir Triniti. Grosse dispute aussi avec I. ce soir... J'ai aussi eu tes deux messages. Le second m'a beaucoup troublé... Je trouve que tout va pour le pire dans nos vies et je ne te comprends pas. Je ne viendrai pas demain. Je veux que l'on cesse de se voir et de s'appeler pendant quelque temps. La situation est bien trop compliquée et je ne peux pas faire face sans y réfléchir. Je te promets de revenir vers toi bientôt pour partager le fruit de mes réflexions. Je suis profondément triste et désolé. Néo. »

En réalité, je ne tiendrai qu'une poignée de jours sans la voir. Quand je reprendrai contact, elle sera ironique en me demandant le "fruit de mes réflexions". Je serai franc avec elle : qu'à cela ne tienne, elle n'a pas le courage de quitter R. alors j'attendrai le temps qu'il faudra. Je crève d'amour pour elle et je suis prêt à tout les sacrifices. Après tout, elle est suffisamment intelligente pour finir par comprendre et elle saura faire le choix qui s'impose le moment voulu...

Maintenant, après ces mois d'analyse, une fois la compréhension faite en moi, cela correspond tout à fait à son attitude au quotidien : aucune prise de responsabilité mais juste une pirouette pour se dédouaner. En lisant entre les lignes de son SMS, je peux lire :

« Tu vois je lui ai dit comme tu me l'as demandé. J'ai fait le nécessaire mais il ne veut pas me croire. Ce point est clos »

Je peux vous assurer que le jour où j'ai disjoncté après avoir appris son mariage dans mon dos, j'ai appelé Roger pour tout lui dire. Il a été très attentif et il m'a crû sans l'ombre d'un doute. Elle savait se montrer plus persuasive avec moi qu'avec lui...





Bains et douches (ou B&D entre nous)

Octobre 2004

Je suis en pleine procédure de divorce. C'est un moment difficile pour moi et toute ma famille. Ne s'agissant pas d'un divorce à torts partagés, je dois faire face à mes responsabilités. Je suis perturbé, tendu. Mes discussions avec Triniti - quand je peux la voir - sont trop sérieuses pour elle et semblent l'ennuyer plutôt qu'autre chose. J'aurais besoin de son soutien mais elle parait quelque peu détachée. Je comprends qu'elle soit aussi perturbée par ce qui arrive, ce qui expliquerait son attitude aussi détachée.

La procédure de conciliation aura lieu le 30 Novembre. Il n'y aura pas de conciliation, le divorce sera prononcé quelques mois plus tard. Je suis à la fois angoissé par cette décision et en même temps soulagé. Je vais bientôt pouvoir vivre mon amour avec cette femme que je crois faite pour moi.

Bien plus tard, je tomberai sur cet échange entre elle et son confident Ditch exactement 14 jours avant la conciliation :

« Erevan est un peu laissé de côté, alors il fait la tête mais Roger et moi c'est cool en ce moment. Ma salle de bain commence à prendre forme. »

Et lui de répondre :

« Je suis content que cela aille bien entre toi et Roger, j'ai eu peur. »

J'apprendrai ceci après le choc causé par son mariage. Cela me fera plonger un peu plus dans ma dépression. Je lui écrirai pour obtenir une réponse à cette simple question :

« Pourquoi n'as tu pas rompu avec moi à cette époque sachant très bien que tu étais en train de construire avec ton futur mari ? lors de la conciliation, j'aurais pu faire marche arrière et éviter l'explosion de ma famille... »

Je n'aurai jamais de réponse. Maintenant je sais qu'à nouveau elle a agit comme à son habitude : surtout, ne prendre aucune décision où elle serait responsable. Laisser l'histoire suivre son cours et peu importe les conséquences pour moi.

Et dire qu'à cette époque, par deux fois, elle me fit faire faire un aller-retour à midi entre le bureau et mon appartement dans mon "village de ploucs" pour pouvoir utiliser ma douche. Nous ne ferons pas l'amour. Je me contenterai de la laver avec douceur, de la sécher et de la crémer en contemplant son corps si féminin, totalement absorbé par la présence de ma déesse. Elle exprima sa deuxième demande ces termes :

« Ayant bien appréciée la dernière fois, j'en redemande !!! »

NDLA :appréciée est mal accordé.





Le divorce est prononcé

5 Février 2005

Ca y est, nous sommes passés devant le juge. Le divorce est prononcé. Pas de torts partagés sachant que je suis le seul fautif. La sentence est sévère mais juste :

  • Une pension alimentaire de 750 € mensuels
  • Une prestation compensatoire de 65 000 € payable mensuellement pendant 9 ans, soit environ 600 € mensuels

A cela s'ajoute les 700 € de loyer de mon appartement. L'histoire me coute donc 2050 € mensuellement. Nous avons décidé de faire une garde libre. Je prendrai mes trois autres enfants les semaines paires, il resteront à la maison avec leur mère les semaines impaires. Mon grand restera avec moi.

Lorsque j'expliquerai tout cela à Triniti, elle n'en sera pas enchantée et je n'aurai pas son soutien comme je l'avais espéré. Au contraire, cette histoire de garde alternée, le fait que je doive rester dans mon appartement proche de la maison pour ne pas tout chambouler au niveau de l'école, ne lui plait pas. Souvent elle me reprochera de faire passer mes enfants avant elle... Elle qui - soit dit en passant - ne s'est toujours pas décidé à mettre Roger dehors, elle qui m'a toujours fait passer en dernier dans ses priorités...

Je pense qu'elle aurait aimé que j'envoie tout balader, que je me prenne un appartement plus proche de chez elle et que je reste à sa disposition à l'attendre.

Elle fera aussi un peu la grimace quand je lui parlerai de la pension alimentaire et de la prestation compensatoire...

Avec le recul, elle aurait pu empêcher cela en me disant que j'allais divorcer pour rien, qu'in fine, elle resterait avec Roger et qu'elle avait déjà commencé son travail de construction depuis plus d'un an. Mais, ce n'est pas dans sa nature de se mettre sur la sellette... Alors, elle me laissera continuer à espérer.





Anneaux

Mi-février 2005

Le pas a été définitivement franchi : je suis officiellement divorcé depuis une dizaine de jours. Elle doit passer me voir ce samedi après-midi et nous devons aller dans un centre commercial. Elle veut faire du shopping du côté de chez Mickey.

Quand elle arrive chez moi, elle me tend un petit paquet en papier de soie. Intrigué, je l'ouvre et y découvre deux alliances en argent. Je suis désorienté : notre liaison est difficile depuis que je sais que Roger a rendu son appartement, qu'il travaille sur sa salle de bain, que les travaux à "sa" maison de campagne monopolisent quasiment tous ses week-end. Mais, je suis avant tout bouleversé par ces anneaux argentés si simples. La sobriété de leur ligne et la modestie du métal dont ils sont faits sont l'exact reflet des sentiments que j'éprouve pour elle : tellement évidents, purs, sans fioriture aucune.

Nous allons solennellement  échanger ces anneaux, chacun le passant au doigt de l'autre.

Nous venons de nous marier. Nous en serons à jamais nos propre témoins.

Je n'ai pas demandé cela, mais tout au fond de moi, le feu sacré brûle avec encore plus d'intensité : l'avenir est à nous, elle a choisi d'être ma femme. J'ai un regret quand même : je ne peux pas le porter : il est trop grand pour moi et il glisse de mon doigt...





Prends moi donc en pitié

15 Septembre 2005

Rendez-vous du matin au Klix pour boire un café ensemble. Elle n'a pas l'air heureuse de me voir, ni de me parler. Je vais essayer de savoir ce qui se passe :  elle va m'expliquer que Roger l'a obligée à faire l'amour, que ça a été un moment désagréable, qu'elle se sent salie. Notre discussion s'arrêtera là sans que je ne puisse la réconforter.

La vérité est toute autre comme elle le dit à son confident :

« Pas le moral : ce matin me suis réveillée en pensant à Ianian chiant hein !!! Pas envie de le voir tout à l'heure... »

Moi, j'étais bouleversé pour elle...

Trois jours après son mariage dans mon dos, après qu'elle m'ait ignoré, qu'elle n'ait répondu à aucun de mes appels, j'ai fini par appeler Roger, puis après 10 minutes de conversation, je l'ai rappelée, elle. Voici un petit extrait de ce qui s'est dit :

- « Roger, elle m'a dit que ce mariage n'était qu'un bout de papier, qu'une formalité. Elle me dit qu'elle n'a aucun rapport amoureux avec toi »
- « Euh, non, il s'agit bien d'un mariage d'amour. Oui, nous avons des rapports, on a bien eu un enfant ensemble »

A cet instant : illumination en mon for intérieur (des fois je suis long à la comprenette) : « Bien sûr, je l'ai connue, elle prenait la pilule, elle n'a cessé de la prendre même après notre rupture ! ». Il m'aura fallu 9 ans pour réaliser cela !

Puis, lorsque je vais l'appeler pour lui jeter ces vérités à la face :

- « Triniti, tu n'es qu'une menteuse : ton mariage est un mariage d'amour, vous avez toujours eu des rapports amoureux, vous couchez ensemble. Pourquoi m'avoir menti ? »
Et là, avec cet aplomb et cet agacement que je lui connais quand elle est prise en défaut :
- « Non, c'est Roger qui te ment. Nous n'avons aucun rapport depuis bien longtemps et ce mariage n'était qu'une formalité »

On aurait été l'un en face de l'autre, je suis sûr qu'elle m'aurait dit la même chose en me plantant son joli regard bleu dans les yeux.





Bustier Chantal Thomas et panier de crabes

Samedi 10 Décembre 2005

On devait se voir chez moi, mais comme souvent maintenant, elle refuse en invoquant encore un de ces prétextes auquel je vais croire comme un enfant croit au père noël. Elle me propose alors un après-midi shopping. On se retrouvera donc près du Bois de Boulogne, elle en voiture, moi en moto.

Comme à chaque fois que je la retrouve, les moments passés loin d'elle s'effacent instantanément et j'ai l'impression de ne l'avoir quitté qu'hier. Elle change littéralement ma perception du temps et celle de ses actes passés. Peu importe que la dernière fois elle ait été froide ou blessante. Mon double est là, près de moi, comblant immédiatement la partie manquante de mon être. Je suis à nouveau entier...

Nous irons à moto, chez Secret Dessous où elle choisira un joli bustier Chantal Thomas. Au retour, nous nous isolerons dans sa voiture, nous étreignant avec passion. Mes mains sont en manque de son corps, de sa peau, de son sexe. Je vais la caresser, lui donner du plaisir comme j'aime tant à le faire jusqu'à ce qu'elle succombe et se laisse emporter...

Arrivé chez moi je suis tristounet : à moto avec mes gants, mes mains n'ont pas conservé l'odeur de son sexe si suave... Mais je suis heureux, j'ai vu ma déesse, j'ai pu la toucher, la sentir, l'embrasser. A nouveau, j'ai oublié tous les autres moments passés sans elle.

Petit échange avec son confident le jeudi suivant :

De : Triniti
A : Ditch
J'ai fait du Love shopping samedi à Paris et en moto !!!! C'est plus rapide que le métro ... J'ai un tout nouveau bustier, et de chez Chantal Thomas s'il te plait !!!!

De : Ditch
A : Triniti
Putain je rêve,
Bon je te dis tout vraiment ce que je pense
TU AS RAISON D'EN PROFITER mais je t'interdis de te faire piquer
Concentre toi sur Roger petite tête


De : Ditch
A : Triniti
T'as mis ton body neuf  ?
Il te serre pas un peu ?.........
Hahahahahahah !!!..................


De : Triniti
A : Ditch
Un bustier pas un body !!!!! Oui je l'ai mis, il me va à ravir !!!!





CV, Méridien et Venise

27 janvier 2006

Cela fait bien longtemps qu'elle trouve chaque fois un prétexte pour refuser de venir chez moi ou m'accueillir chez elle. Moi, je crois à ses excuses. Je découvrirai par la suite qu'elles étaient souvent hypocrites ce qu'elle confie volontiers à Ditch :

« Moi je devais voir Ian-Ian samedi, je me suis dégonflée (excuse bidon en plus) ! »

Là, c'est différent, elle a besoin de moi pour rédiger son CV et sa lettre de motivation. Elle veut me voir mais pas chez moi, je dois trouver un hôtel où nous pourrons passer la journée. Je suis heureux de la voir enfin. Je réserve une chambre au Méridien porte Maillot. Je veux qu'elle soit bien. J'avais rédigé la demande de rendez-vous en ces termes : "Un peu de douceur dans ce monde de brutes". L'hôtel est classe et cher : 390 € la chambre avec room service pour pouvoir déjeuner au lit quand nous aurons une petite faim.

Elle arrive en retard mais je lui pardonne. Je lui offre un joli bouquet que j'étais allé acheté en l'attendant. Elle n'a pas pris de petit-déjeuner et il fait froid. Nous nous rendons à l'hôtel où nous nous restaurons quelque peu. Nous rejoignons la chambre. A nouveau cette attirance mutuelle fait, qu'aussitôt dans la chambre, nous nous enlaçons avec bonheur. Nous faisons l'amour mais il faut travailler sur le CV et la lettre de motivation...

Nous déjeunerons dans le lit, nous faisant livrer quelques victuailles par le room service. Elle doit partir tôt. Nous referons l'amour. Ce sera notre avant dernier ébat. A la fin, elle m'a murmuré une chose à l'oreille, quelque chose de totalement accrocheur que seule une femme vraiment amoureuse peut dire à son amant. Mon cœur est remplit de joie, je l'aime comme un fou et elle est toujours amoureuse de moi.

Ceci c'est passé le 27 Janvier 2006. 7 jours plus tôt elle prenait conseil auprès de Ditch :

« J'ai une question, je voudrai faire une surprise à Roger pour ces 50 ans, je voudrais l'emmener pour un w-e quelque part et puis j'ai pensé (les blondes pensent parfois), serait-il possible de louer l'appartement que vous aviez à Venise pour une semaine à Pâques ? »

Avec le recul, je vois qu'elle a encore obtenu de moi ce qu'elle voulait : plaisir sexuel, journée dans un hôtel luxueux, un CV et une lettre de motivation rédigée dans les règles de l'art. Normalement, c'est avec son amoureux que l'on visite Venise non ?

NDLA : dans "j'ai une question, je voudrai [...]", doit se conjuguer  au conditionnel, pas au futur simple.





Rupture

28 Avril 2006

Elle n'est jamais disponible. Ou, coïncidence (mais maintenant, je sais que ce n'en n'était pas une), à chaque fois qu'elle l'est, c'est la semaine où je garde mes enfants. Pourtant le planning de garde est simple : je les ai les semaines paires...

Nos rencontres se résument à des déjeuners le midi quand ses copines sont absentes et à des après-midi shopping dans Paris. Je passe vraiment en tout dernier dans ses priorités. Mais l'emprise qu'elle a sur moi n'a pas changé. Je suis toujours amoureux fou de cette femme et elle entretient savamment cet amour. Comme toujours, ma perception est faussée : chaque instant passé avec elle efface instantanément les longs moments de manque. Il suffit qu'elle me fasse rire un instant pour que mes griefs disparaissent aussitôt...

Depuis quelques temps, je suis devenu son informaticien personnel : réparation, mise à jour de ses PC, configuration de son modem ADSL, etc. J'ai du me rendre chez elle à plusieurs reprises et c'est à chaque fois très désagréable d'y rencontrer Roger qui a maintenant élu domicile chez elle, et de lui serrer la main. Qui plus est, maintenant que je le connais, je n'y échappe pas : à chaque fois que nous nous croisons sur notre lieu de travail, nous nous saluons et discutons un peu. C'est difficile pour moi de regarder cet homme dans les yeux alors que j'ai un liaison avec sa compagne.

Je vais donc en parler à Triniti, la mettant au pied du mur, lui demandant de faire un choix et de vivre avec moi (ou moi avec elle). Elle refusera de le faire. Comme à chaque fois, je n'obtiendrai que cette fichue réponse usée jusqu'à la corde :

« Tu ne supporterais de vivre avec moi. »

Cette réponse m'a toujours attristé : après avoir divorcé, fait exploser ma famille, m'être isolé dans un petit appartement, m'être rendu disponible pour elle, elle ne réalise toujours pas ce dont je suis capable.

Je supporterai évidemment de vivre avec cette femme : elle est mon double, la partie qui manque en moi, elle est l'être que je chéris le plus au monde.

Mais elle ne veut pas se mettre à la faute, elle ne veut pas reconnaitre ce qu'elle est en train de construire avec Roger. Maintenant, je sais qu'elle refuse toute prise de responsabilité dans notre relation. Ce serait avouer une faiblesse que je pourrais lui reprocher. Le fait de ne pas m'avoir parlé de son mariage en est la preuve incontestable. Elle est dure et égoïste. Alors c'est moi qui vais rompre ce vendredi 28 avril. Je lui demanderai de sortir marcher un peu après déjeuner et lui annoncerai ma décision. Pour la forme, elle pleurera histoire de me faire culpabiliser et de bien me faire réaliser que je suis responsable et non elle. Son but est atteint : je souffre maintenant d'être à l'origine de notre rupture. Elle me reprochera souvent cette décision et la date du 28 avril. Parfois, le calendrier (comme la typographie de VenDetta) nous jouent des tours...

Je vais rentrer chez moi, je vais pleurer toutes les larmes de mon corps. Je suis triste pour elle, pour moi, par le fait qu'elle ne réalise pas que nous sommes faits l'un pour l'autre, que tout le reste n'est qu'illusion et futilité. Que sa vie sans moi et la mienne sans elle ne seront que des ersatz de vie. Séparés, nous serons à jamais les fantômes de nos propres âmes. Unis, nous étions ce que l'humain a de plus grand en lui. Plus j'y pense et plus je suis certain qu'ensemble nous nous serions vraiment accomplis, aussi bien l'un au travers de l'autre que chacun en soi. Nous aurions pu faire de grande choses...

Ce jour, j'ai cru que tout était terminé...





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