28 Avril 2006
Elle n'est jamais disponible. Ou, coïncidence (mais maintenant, je sais que ce n'en n'était pas une), à chaque fois qu'elle l'est, c'est la semaine où je garde mes enfants. Pourtant le planning de garde est simple : je les ai les semaines paires...
Nos rencontres se résument à des déjeuners le midi quand ses copines sont absentes et à des après-midi shopping dans Paris. Je passe vraiment en tout dernier dans ses priorités. Mais l'emprise qu'elle a sur moi n'a pas changé. Je suis toujours amoureux fou de cette femme et elle entretient savamment cet amour. Comme toujours, ma perception est faussée : chaque instant passé avec elle efface instantanément les longs moments de manque. Il suffit qu'elle me fasse rire un instant pour que mes griefs disparaissent aussitôt...
Depuis quelques temps, je suis devenu son informaticien personnel : réparation, mise à jour de ses PC, configuration de son modem ADSL, etc. J'ai du me rendre chez elle à plusieurs reprises et c'est à chaque fois très désagréable d'y rencontrer Roger qui a maintenant élu domicile chez elle, et de lui serrer la main. Qui plus est, maintenant que je le connais, je n'y échappe pas : à chaque fois que nous nous croisons sur notre lieu de travail, nous nous saluons et discutons un peu. C'est difficile pour moi de regarder cet homme dans les yeux alors que j'ai un liaison avec sa compagne.
Je vais donc en parler à Triniti, la mettant au pied du mur, lui demandant de faire un choix et de vivre avec moi (ou moi avec elle). Elle refusera de le faire. Comme à chaque fois, je n'obtiendrai que cette fichue réponse usée jusqu'à la corde :
« Tu ne supporterais de vivre avec moi. »
Cette réponse m'a toujours attristé : après avoir divorcé, fait exploser ma famille, m'être isolé dans un petit appartement, m'être rendu disponible pour elle, elle ne réalise toujours pas ce dont je suis capable.
Je supporterai évidemment de vivre avec cette femme : elle est mon double, la partie qui manque en moi, elle est l'être que je chéris le plus au monde.
Mais elle ne veut pas se mettre à la faute, elle ne veut pas reconnaitre ce qu'elle est en train de construire avec Roger. Maintenant, je sais qu'elle refuse toute prise de responsabilité dans notre relation. Ce serait avouer une faiblesse que je pourrais lui reprocher. Le fait de ne pas m'avoir parlé de son mariage en est la preuve incontestable. Elle est dure et égoïste. Alors c'est moi qui vais rompre ce vendredi 28 avril. Je lui demanderai de sortir marcher un peu après déjeuner et lui annoncerai ma décision. Pour la forme, elle pleurera histoire de me faire culpabiliser et de bien me faire réaliser que je suis responsable et non elle. Son but est atteint : je souffre maintenant d'être à l'origine de notre rupture. Elle me reprochera souvent cette décision et la date du 28 avril. Parfois, le calendrier (comme la typographie de VenDetta) nous jouent des tours...
Je vais rentrer chez moi, je vais pleurer toutes les larmes de mon corps. Je suis triste pour elle, pour moi, par le fait qu'elle ne réalise pas que nous sommes faits l'un pour l'autre, que tout le reste n'est qu'illusion et futilité. Que sa vie sans moi et la mienne sans elle ne seront que des ersatz de vie. Séparés, nous serons à jamais les fantômes de nos propres âmes. Unis, nous étions ce que l'humain a de plus grand en lui. Plus j'y pense et plus je suis certain qu'ensemble nous nous serions vraiment accomplis, aussi bien l'un au travers de l'autre que chacun en soi. Nous aurions pu faire de grande choses...
Ce jour, j'ai cru que tout était terminé...