Pamphlet contre la bêtise et la méchanceté

 

Dimanche 21 février 2010 - Incomplétude et garde-fou

Ce dimanche, me sentant assez fort pour me pencher à nouveau sur cette histoire, j'ai décidé de retourner sur le blog pour y relire les chapitres des années 2007-2009 et de partir à la chasse aux fautes d'orthographe. J'ai abandonné rapidement car l'envie n'y était pas. Mais, je me suis aperçu que je n'avais jamais terminé le billet Cataclysme pas plus que le billet Fermeture !

J'ai donc décidé d'y remédier et j'ai commencé à tenter de me remémorer ces instants particulièrement difficiles.

Ce fut un échec. Première constatation : j'ai vraiment du mal à y repenser. Seconde constatation : je suis dans l'impossibilité d'évoquer les moments passés avec elle. Mieux, je suis incapable de l'évoquer, elle.

Je sens un barrage dans mon esprit, comme un garde-fou. Bien sûr, je sais que si je le voulais et avec une grosse dose de concentration, ma volonté pourrait faire exploser cette barrière. Mais je n'en éprouve aucune envie.

J'ai réfléchi à ce point en me posant la question suivante : s'agit-il d'un refoulement ou d'un barrage ?

Selon la psychiatrie, le refoulement vient de l'inconscient et est renvoyé dans l'inconscient sans passage par la conscience. Les instants que je ne peux évoquer ne viennent pas de mon inconscient, il s'agit de mon passé, de ma réalité. J'en conclus qu'il ne s'agit donc pas de refoulement.

Par contre, l'idée d'un barrage, d'une barrière, d'un garde-fou me semble plus judicieuse : je sais que je pourrais franchir cet obstacle avec un gros effort de volonté. S'agissant donc d'un obstacle, on peut alors parler de barrière ou de garde-fou.

Cela m'amène à l'idée de la force de l'esprit et des mécanismes qu'il est capable de mettre en œuvre. Parmi ceux-là, on trouve celui de l'auto-préservation : c'est lui qui m'empêche de refaire un voyage mental vers ce passé qui ne m'apporterai rien de bon. C'est aussi lui qui m'empêche d'évoquer le moment de pure horreur où tout a basculé. Je n'ai découvert qu'une infime partie de la vérité mais je sens au fond de mon esprit d'autres indices qui me laissent à croire que cette vérité doit être bien plus sombre que je ne le pense.

H.P. Lovecraft a avancé le postulat suivant : La chose la plus miséricordieuse en ce bas monde est l’incapacité de l’esprit humain à mettre en corrélation toutes les informations qu’il contient. Je reprendrai cette citation à mon compte en la modifiant quelque peu : La chose la plus miséricordieuse en ce bas monde est la capacité de l’esprit humain à ne point mettre en corrélation toutes les informations qu’il contient.

 Mais je me promets de terminer ces deux billets un jour ou l'autre...





Jeudi 11 février 2010 - Dans tes yeux

Entendu une jolie chanson d"Anis sur Nova en rentrant ce soir. Arrivé chez moi, je me la suis procurée sur iTunes. Je vous livre ici un extrait  Ô combien juste :

[...]
Bien sûr on s'cache pour pleurer
Bien sûr rien n'est moins sûr que la vérité
Elle assassine sans tuer
Et laisse à vif, écorché
Y'a trop d'froideur dans trop d'foyers
Tant d'bassesses et d'aigreurs pour nous fourvoyer
Peut-être qu'on fuit la vérité
C'est vrai, c'est vrai
La vérité, la vérité
[...]
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Pour les guitaristes, je pense que la grille ressemble à ça :

Intro et refrain : Dm / A# / C7 / A
Couplet : Dm / F / C / A





Vendredi 29 janvier 2010 - Drôle de rêve

Je dors à nouveau depuis que j'ai mis le site en ligne. Ca fait un bien fou. Cette nuit j'ai fait un drôle de rêve.

J'étais chez moi avec mes deux plus jeunes enfants et Triniti était là. Je préparais le déjeuner et elle me tannais pour que je la ramène chez elle à moto parce qu'elle était en panne de voiture.

J'étais dans un état de grande confusion mentale : à la fois frustré et en colère contre elle mais follement heureux de la voir chez moi. Mes enfants discutaient entre eux, débattant sur la question suivante : de qui était-elle la femme ?

J'ai fini par réussir à la jeter dehors alors qu'elle m'assaillait d'une volée de reproches. Puis, pris par le remord, j'ai pris ma moto pour la rejoindre et la ramener comme elle me l'avait demandé. C'est au moment de la rejoindre que je l'ai vu monter dans une voiture qui l'avait prise en stop.

Je me suis réveillé brutalement à cet instant précis : elle s'éloignait en me faisant un au revoir de la main accompagné d'un joli sourire et moi je paniquais littéralement de la voir à nouveau partir.

C'était dans mon rêve : panique ! panique ! panique !

Mais quand je me suis réveillé, je n'avais pas peur et je me suis rendormi comme un bébé.





Dimanche 24 janvier 2010 - C'est pas fini...

Ce matin, alors que j'étais en train de faire le tri dans mes notes et mes carnets pour jeter toute cette m... je tombe sur un brouillon dont je me souvenais plus. Cela se situe à l'époque où elle désirait changer de poste. Elle allait entamer un bilan de compétence. Elle savait qu'un poste allait se créer dans mon département et elle était intéressée. Elle m'avait demandé de l'aide pour l'obtenir. Je faisais donc un discret forcing auprès de mon responsable pour qu'elle nous rejoigne. Ce n'était pas un problème pour moi, elle aurait été compétente. Voici ce qu'elle confie à une de ses copines à l'époque :

« Je fais mes papiers début mai pour le fongécif. Frédéric a tellement la trouille de me voir partir, il est en train d’organiser un nouveau poste pour moi ! là vraiment je rigole hihihihi »

On frise la folie pure et simple !





Mercredi 20 janvier 2010 - Alors là ...

7328 hits en 4 jours, 43% des visites durent plus de 30 min et 19% plus d'une heure. J'ai même eu un visiteur de Guyane ! Le site circule et est lu.

J'ai eu plusieurs courriers, plusieurs réactions. La plupart font état de compassion et je remercie en cela mes frères et sœurs humains. D'autres s'interrogent sur ma motivation et me demandent si j'ai emprunté la bonne voie ou me questionnent sur ce déballage de sentiments. Je ne développerai pas cela ici. Mais je le ferai plus tard.

Je prends soin de répondre à chacun d'entre eux quand j'ai une adresse valide.

Puis, il y a aussi ces témoignages d'histoires semblables, plus ou moins intenses, plus ou moins exacerbées. Et je m'étonne de l'ambivalence de la souffrance : à la fois absolue et relative. J'apprends. J'apprends par exemple, que la souffrance et la douleur sont propres à chacun. Qu'il ne faut en aucun cas comparer et ramener tout cela à une échelle qui nous serait propre. J'apprends aussi que la mort rode souvent bien qu'on ne prenne pas les gens aux sérieux. Pour ceux qui découvrent ce blog et qui auraient des doutes quant à la motivation d'une personne en grand danger, je les invite à lire ce billet.

L'idée de cette relativité absolue (ou absolue relativité) m'avait déjà traversé l'esprit. Je vais reprendre ici ce que j'ai développé pour un proche qui m'a envoyé un long mail. Je lui explique un des leviers qui m'a aidé à refaire surface :

Dans ma remontée, j'ai aussi puisé ma force auprès d'un garçon qui ne le sait pas. C'est un type bien, droit, fier. J'aime à penser que nous sommes amis. Il était malade depuis longtemps et il allait mourir si on ne lui changeait pas le foie. On lui a changé en octobre 2009 au moment où Triniti m'a fait plonger. Il va bien mais c'était chaud, très chaud. Je l'appelle régulièrement, mais je ne lui ai jamais parlé de ma descente aux enfers car il avait besoin de toute son énergie. J'ai pensé à lui chaque jour... Là, tu te dis déjà que je vais te tenir le discours habituel : « ma dépression c'est du pipeau, j'ai bien de la chance alors que d'autres se battent pour rester en vie. ». C'est tellement facile de dire : « regarde untel ou untel, ça c'est de la souffrance, il y a la mort qui guette, toi c'est des broutilles à côté, il faut relativiser ». Et bien ce sont des grosses, grosses bêtises. Chaque jour j'ai pensé à Juju. Et j'ai pensé à moi. Et j'ai dit : « nos vies à tous les deux sont en suspens, mais si lui est capable de surmonter, je dois aussi en être capable. Non pas parce que je souffre moins ou d'avantage que lui, mais parce que si lui peut le faire, je me dois - et lui dois - de le faire aussi. »

Je ne saurai jamais dire si j'ai souffert d'avantage que lui, ou lui que moi (quoiqu'à la vue de ses cicatrices, physiquement, il a du le sentir passer le pauvre), si son épreuve était plus terrible que la mienne ou l'inverse. Je sais qu'il n'y a qu'une réponse possible : pendant ces long mois, cette souffrance, ce danger ont pris possession de la totalité de nos être respectifs. Il s'est battu. Etant son ami, je devais me battre comme lui. C'est ma seule certitude. Il m'a aidé. Et peut être que je l'ai aidé aussi, allez savoir ...

J'apprends aussi que certaines personnes méritent maintenant le bonheur qui les attend. Je découvre que des gens qui me paraissaient fort cachent en eux des blessures douloureuses.

Je commence à réaliser l'indifférence dont nous faisons le plus souvent preuve les uns envers les autres. Il a suffit que je me livre ouvertement sur ce blog pour que d'autres se livrent à moi en retour, comme si ils n'avaient jamais pu le faire auparavant. C'est très étrange, très instructif. Non pas que je me délecte de ces histoires, bien au contraire, mais à nouveau je m'émerveille de la nature humaine, de sa fragilité et de sa force en même temps.

Quant à Triniti ... Je l'ai croisée hier, je pense qu'elle est au courant du blog puisqu'elle m'a ignoré (moi aussi d'ailleurs). Elle devient vaporeuse dans mon esprit et fantomatique dans la vraie vie.

Un jour, dans un de mes anciens boulot, je développais un logiciel pour informatiser les cimetières (!). A l'époque, j'avais du rencontrer  le conservateur du cimetière de Pantin. Il vivait sur place car son logement de fonction était dans l'enceinte de son lieu de travail. C'était un homme charmant et avenant mais quand je lui ai serré la main, j'ai eu l'impression de prendre dans ma main une toile d'araignée. Il était diaphane, fantomatique, presque translucide, comme si ces années passées dans ce cimetière avait absorbé peu a peu sa substance vitale.

Oui, j'ai eu cette impression étrange en la croisant hier : un être diaphane, se désagrégeant peu à peu, comme grignotée miette par miette par sa propre image...





Vendredi 15 janvier 2010 - C'est parti mon kiki

Je l'ai revue encore aujourd'hui. Elle m'a dit que je n'étais pas si gentil qu'elle le croyait quand je lui ai balancé une ou deux vérités bien senties lors de notre dernier rendez-vous. Je bouillais devant tant de mauvaise foi. Alors plutôt que de craquer, je viens de mettre le site en ligne...

Fin de l'histoire. Je vais pouvoir enfin me reposer...





Jeudi 14 janvier 2010 - Arithmétique

Je viens de me surprendre à compter à rebours !

Jusqu'à présent, je comptais chaque jour à partir du 5 octobre 2009. Nous sommes le jour 101. Et là, je viens de calculer que nous sommes à J-34 du lancement du site et de ma libération définitive.

J'ai commencé la relecture et les corrections. J'ai attaqué les années lumineuses. C'est très douloureux et ma volonté vacille. J'ai des pensées parasites : je m'imagine discutant avec elle, lui tendant la main une fois de plus, glissant doucement vers le pardon et plongeant à nouveau dans cet état de dépendance vis à vis d'elle. Et dans ces pensées, je suis à nouveau son ami, son amoureux platonique, ne vivant que par son rire, sa voix, le fait de pouvoir la rencontrer, la regarder et lui parler.

Je ne veux surtout pas cela, je dois rester vigilant et concentré. Penser au mal qu'elle à fait, ne pas oublier, ne pas redevenir l'aveugle anesthésié que j'étais. Je peux être moi sans elle.

J-34.





Mercredi 13 janvier 2010 - J'ai de la merde sous les ongles

Voila, c'est fini. J'ai tout lu ce que j'ai pu récupérer de ses poubelles. J'ai de la merde sous les ongles. C'est tellement dégoutant que j'ai été obligé d'écrire un billet dans Ca balance. Dans ce billet c'est moi qui balance sur elle. J'ai la nausée mais je suis soulagé en même temps de ne plus avoir à draguer ces marais nauséabonds et pestilentiels.

Elle est abjecte. Pas vis à vis de moi, j'en déjà mon compte, mais vis à vis de plein d'autres personnes. C'est injuste qu'une personne comme cela puisse se présenter tous les jours au travail et regarder en face les gens sur qui elle vomit.

Ma vengeance prend toute sa signification et sa splendeur.





Mardi 12 janvier 2010 - On prend le café

Je l'ai rencontrée ce lundi. On a pris le café ensemble. J'en ris encore !

Je l'ai un peu attirée sur des terrains mouvants, sans l'agresser, juste ce qu'il faut pour lui faire revêtir son masque pincé quand elle est prise en défaut. Puis j'ai fait marche arrière, docile, comme un petit animal apeuré histoire qu'elle pense qu'elle reprend le contrôle.

Alors, ca a été plus fort qu'elle. Il a fallu qu'elle dénigre mon copain qui m'ai aidé. Je riais intérieurement :  je n'ai pas pris position. Voyant cela, elle en a ajouté une couche. Il va fulminer en entendant mon récit demain.

J'ai un lecteur MP3 qui fait enregistreur. La prochaine fois, elle n'y coupe pas. Mon site manque un peu d'audio.

Sinon, encore ces insomnies qui ne me lâchent pas. Mais j'avance dans l'écriture et je suis presque au bout. La relecture complète est pour bientôt. J'ai mes dessins à terminer aussi. Dieu que l'art du portrait est difficile. On peut décalquer une photo mais on ne reconnait pas la personne. Alors que les artistes, les vrais, vous font un portrait criant de vérité en trois coups de crayons bien placés. Je vais avoir besoin de temps pour que mon don revienne.





Lundi 11 janvier 2010 - Au delà de mes espérances

Bon, j'ai fais des liens vers ce blog sur un de mes sites plutôt bien fréquenté. Et bien, il a suffit d'une nuit pour que Google les trouve et les indexe. Ca s'appelle une Google Bomb. Je ne m'attendais vraiment pas à ça et j'ai été un peu pris de court car je ne voulais pas que cela remonte tout de suite. Bref, j'ai été obligé de mettre un "En construction" sur les pages pour éviter de tout dévoiler avant le 17 février.





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