Hypermnesie

Pamphlet contre la bêtise et la méchanceté

2001-2003



Ouverture

Ce chapitre couvre l'époque lumineuse où nous nous sommes rencontrés et durant laquelle nous avons vécu un amour extraordinaire. Elle était ma personne, mon complément. Cet amour était totalement fusionnel et à nous deux nous étions la solution de cette équation  :

x + x = x ≡ x + x > 2x

Deux personnes ne faisant à la fois qu'une et plus de deux.
La genèse d'un être unique dont le tout est plus grand que la somme de ses parties.

Comprenez bien : j'ai connu plusieurs femmes, tombant parfois fou amoureux, mais jamais, jamais, je n'ai éprouvé de tels sentiments et une telle sensation d'absolu. Je pense sincèrement qu'à cette époque, elle éprouvait les mêmes sentiments envers moi.

Ma thérapeute m'a expliqué qu'il s'agissait d'un phénomène d'âme double. Dans sa longue carrière, ce n'était que la seconde fois qu'elle devait aider quelqu'un comme moi, tellement ce cas est rarissime.

L'âme double : deux êtres totalement connectés par leur esprit sur plusieurs niveaux : pensée, raisonnement, émotions, conscient, inconscient ; deux êtres reliés physiquement par un lien invisible mais ô combien palpable. Deux humains capables d'apporter à l'autre exactement ce qui lui manque, de combler ses vides, d'apaiser ses doutes et ses angoisses. Deux personnes capables d'aimer l'autre de façon inconditionnelle, jusqu'à aimer ses défauts et les assumer pour lui. Chacun capable de ressentir le vide laissé par l'autre quand ils ne sont pas ensemble. Totalement dépendants l'un de l'autre, avec une telle attirance dans leur chair qu'ils ne sont bien que quand ils sont en contact. Deux êtres qui peuvent éprouver une réelle souffrance physique et psychique quand ils sont loin l'un de l'autre.

Mais, comme disait Serge, « Mais ! moment ! j'vais pas tout déballer comme ça aussi sec... », alors, profitez de ce chapitre, de cette extraordinaire histoire d'amour. Tous les ingrédients de cette subtile alchimie y sont réunis : absolu, sentiments exacerbés, attirance physique, érotisme, romantisme, ...



Prise de contact

Juin 2001

Nous travaillons dans la même entreprise mais ne nous voyons que très rarement, jusqu'à ce qu'une réorganisation me rapproche à quelques bureaux du sien. Dès lors, nous allons nous croiser plus souvent. Rapidement, je remarque son port altier, sa façon de se mouvoir, d'occuper l'espace qui l'entoure, son visage emprunt d'un beauté si particulière, son air aristocratique. Nos regards vont se croiser plusieurs fois, d'abord légèrement teintés de gêne pour devenir de plus en plus directs et insistants.

Nous ne sommes pas seuls dans nos bureaux respectifs et nous n'avons jamais l'occasion de travailler ensemble. Chaque jour, chacun va alors trouver un prétexte afin de se rendre dans le bureau de l'autre pour pouvoir au moins le voir et échanger quelques mots. Le manège dure ainsi quelques semaines, jusqu'à ce que, par un lumineux jour d'été, elle arrive dans mon bureau vêtue d'un ensemble jaune d'or. J'ai la sensation que le soleil de cette belle journée vient de pénétrer mon espace. Je suis ébloui et ma respiration est littéralement coupée par cette apparition. C'est la révélation !

Je dois la rencontrer, je dois lui parler de l'attirance qu'elle exerce sur moi. Je décide alors de lui écrire un mail pour l'inviter à boire une bière dans un pub. Ma timidité est telle que je suis rouge jusqu'aux oreilles quand je vais rédiger mon invitation et presser le bouton "envoyer". Mon cœur cogne dans ma poitrine et j'ai un creux à l'estomac. Je plonge directement dans une agitation extrême et mes pensées se mettent à jouer du carrousel : va t-elle me trouver ridicule ; va t-elle me rire au nez ; me rejeter sèchement ; comment une telle femme pourrait accepter une rencontre avec moi ?

La réponse se fait attendre, juste ce qu'il faut pour que mon agitation monte d'un cran. Puis, elle arrive enfin : elle accepte. A la lecture de son mail, mon cœur s'emballe et un bonheur serein m'envahit. Nous nous verrons donc juste avant notre départ en congés...



Le premier tête à tête

Comme convenu, il a lieu dans un pub. L'endroit est petit, intime, l'atmosphère y est sereine. nous prenons place à une table à l'écart des quelques clients présents ce soir là, en face l'un de l'autre. Aussitôt, une bulle d'intimité se forme autour de nous. Notre discussion débute sur quelques banalités, quelques commentaires sur nos collègues de bureau, sur notre travail puis très vite, nous parlons de nous.

J'habite en Seine et Marne, je suis marié depuis onze ans, avec quatre enfants dont l'ainé, issu d'une première liaison, m'a été laissé par sa mère. Elle m'apprend qu'elle habite dans les Hauts de Seine, qu'elle a un compagnon et un enfant.

Nous plongeons rapidement un peu plus dans l'intimité de l'autre. Je lui explique que cela ne se passe pas très bien avec ma femme, principalement à cause de mon premier enfant. Elle, n'a plus aucune vie amoureuse ni sexuelle depuis bien longtemps. Le père de son fils vit parfois chez elle, parfois à son propre appartement. Il semble l'ignorer totalement.

Nous nous ouvrons l'un à l'autre, nous déchargeant de notre tristesse intérieure. Une heure passe et nous devons nous quitter. J'ai la sensation qu'il ne s'est écoulé qu'un bref instant. J'aurais aimé prolonger cette conversation la nuit durant. Je lui souhaite de bonnes vacances, elle me retourne la politesse. Nous nous faisons la promesse de nous revoir quand nous rentrerons de congés.

Durant les semaines qui vont suivre, je n'ai de cesse que de penser à cette femme. Je pressens fortement que je viens de rencontrer une personne extraordinaire par bien des côtés. Un être qui me correspond aussi bien physiquement qu'à divers niveaux de l'esprit. Il me tarde de la revoir afin d'explorer ces différents paysages pas tout à fait inconnus qui s'offrent à moi.



Le pas est franchi

Juillet 2001

Les vacances sont terminées. Nous nous voyons de plus en plus au bureau, prenons le café ensemble, retournons au pub à chaque fois cela nous est possible. Nous nous téléphonons systématiquement durant nos trajets respectifs, matin et soir. Nos discussions sont très intimes et très complices, parfois banales souvent enlevées. Quand elle parle, je suis totalement à l'écoute, concentré sur la voix de cette femme, sur sa diction. Je découvre peu à peu son intelligence et je m'en émerveille. J'aime sa façon de s'exprimer, la musicalité et le rythme de ses paroles.

Je cherche à comprendre comment elle peut vivre sans amour, je veux savoir comment le père de son fils peut ignorer cette femme d'une telle beauté et dotée d'un esprit si riche et si complexe. La réponse est toujours la même : « il s'en fiche, il ne me remarque qu'à peine ». Décidément, je ne comprends pas cet hurluberlu qui vit au côté d'un diamant aux multiples facettes sans même sans rendre compte.

Je voudrais la voir un peu plus longuement alors je lui propose de diner un soir au restaurant. Je lui laisse le choix de la date et du lieu.

Le rendez-vous a lieu par une belle soirée de la fin de l'été dans un restaurant chic à Paris. Sur le trajet, j'écoute en boucle une chanson d'Etienne Daho extraite de son album "Corps et Armes" sorti l'année passée. La chanson s'appelle "Ouverture" et je vous livre ici les premiers vers :

Il n'est pas de hasard
Il est des rendez-vous
Pas de coïncidences.
Aller vers son destin,
L'amour au creux des mains
La démarche paisible.
[...]
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La démarche paisible… C'est le maitre mot : l'apaisement. Je réalise qu'à chaque fois que je la vois, c'est la première sensation que j'éprouve. Dès que je suis proche d'elle, mes démons intérieurs battent en retraite craignant qu'elle ne les envoie dans le néant d'un simple revers de la main.

Nous arrivons au restaurant qu'elle a choisi. Le cadre est agréable, très typé. Elle prendra du bar accompagné d'un verre de vin blanc en bonne épicurienne qui se respecte. J'ai envie d'une viande rouge et … d'un coca. Nous dînons, discutant encore et toujours. Comme à chaque fois que je suis auprès d'elle, je sens le temps se contracter et j'appréhende déjà le moment où nous allons devoir nous quitter. La fin du repas approche, le temps a passé si vite…  Nous sortons et marchons lentement en continuant à parler pour nous rendre à nos voitures.

 Il est encore tôt dans la soirée et je lui pose alors la question :
- « Qu'as tu envie de faire maintenant ? »
La réponse fuse immédiatement :
- « Ca ! »
Elle me saisit alors par la nuque et m'embrasse à pleine bouche. Nous sommes en plein milieu d'un terre plein séparant deux chaussées, au vu et au su de tous les badauds qui ne manquent pas de nous jeter des regards amusés.

Son baiser est fougueux, impérieux, farouche, violent et invasif. Il semble durer une éternité. Je me sens pénétré dans ma chair, envahi dans mon corps entier par l'essence de cette femme. Mon esprit s'emballe, un instant je vais paniquer puis je lâche prise et me laisse posséder par ce fluide invisible qui va se fixer pour toujours dans chaque cellule de mon être. Je ne l'oublierai jamais, un baiser à sens unique, une prise de possession totale que je vais accepter, recevoir de tout mon être, de toute mon âme, indélébile et me marquant à jamais. Ce jour là, elle m'insuffla un feu grondant qui ne me quittera jamais, une puissante flamme au fond de moi prête à m'embraser totalement. Quelque temps plus tard, je lui offrirai un parfum : "Le baiser du dragon" de Cartier...

Elle va m'emmener chez elle où nous ferons l'amour. Pour moi, ce sera comme dans un rêve. Je suis présent sans être présent, l'esprit hors de mon corps, presque spectateur, encore paniqué par ce baiser, une partie de moi-même me hurlant que je suis en train de tromper ma femme. J'ai une conscience aiguë de la présence de cette femme nue au corps que je trouve si parfait, si harmonieux. Sous mes mains, sa chair est ferme et sa peau est lisse et soyeuse. Elle est grande, sculpturale, il se dégage d'elle une animalité féline. Ce premier ébat ne durera pas longtemps, peut être à cause de la soudaineté de ce qui vient d'arriver...

Trois longs jours vont alors se passer pendant lesquels je ne vais pas la voir ni lui parler, ne répondant pas à ses messages. Je suis bouleversé par ce qu'il vient d'arriver. Mon esprit bouillonne de pensées contradictoires. Je viens de tromper ma femme et je vais manquer à plusieurs reprises de lui avouer pour mettre un terme à cette histoire. Mais je sais au fond de moi que c'est impossible, que cette femme a pris possession de mon âme et de mon être. Au bout de ces trois jours elle m'obligera à reprendre contact. Elle est en colère, à juste titre. Je crains cette colère tant elle est sincère et justifiée. Je lui ai fait du mal, la laissant trois longs jours dans l'angoisse et l'incompréhension. Je vais lui expliquer mes sentiments et elle me pardonnera.

Plus tard elle m'avouera « Quand je t'ai remarqué, je me suis dit : cet homme là je le veux et l'aurais coûte que coûte ». Cela ne lui aura pris le temps que d'un long baiser...



Visites matinales et rencontres du soir

Pendant deux mois, nous allons nous voir et nous téléphoner assidument. De longues conversations pendant lesquelles nous parlons de banalités, de sujets sérieux, de notre amour, du goût qu'elle a pour les belles choses, de sa passion pour le luxe qui m'amuse, de son art de vivre. Je suis fasciné par cette épicurienne d'un autre temps. Nous discutons aussi de nos penchants pour l'art : elle est peintre, je joue de la musique.

Une ou deux fois par semaine, chaque matin, je me lève tôt, car j'habite loin, pour la rejoindre à son appartement et lui faire l'amour avant que nous partions ensemble au travail. Nos corps s'apprivoisent doucement. Je suis fasciné par l'extrême féminité qu'elle dégage, par sa peau parfaite et si lisse, douce et soyeuse. J'aime à lui donner du plaisir et elle sait le recevoir. Quand nous repartons pour le travail, je m'enivre du parfum laissé par son sexe sur mes doigts. Une odeur de musc, des effluves de métal chauffé à blanc contrastant avec la douceur de l'odeur du miel. Je répugne à me laver les mains de peur que cette odeur ne me quitte.

Le soir, quand nous le pouvons, nous retournons au pub. Nous avons pris l'habitude de nous asseoir sur la banquette, côte à côte, cherchant le contact. Les clients nous jettent souvent des regards bienveillants et légèrement coupables de s'immiscer dans une telle intimité qui se dégage de nous. Comme à chaque fois, nos discussions sont parfois futiles, parfois empruntes d'une grande gravité. Elle sait me rendre heureux. Elle sait me faire rire. Pas de ce rire bruyant et parfois forcé, mais ce rire intérieur, marque d'un vrai amusement d'enfant. Je l'avais perdu il y vingt ans suite à une tragédie et j'avais oublié le bien fou qu'il procure.

Quand nous quittons le pub et avant de nous séparer, nous nous enlaçons et nous embrassons avec fougue et passion. De longues étreintes où nos corps sont irrésistiblement attirés l'un par l'autre par une force invisible. A chaque fois que nous rompons le contact, je ressens presque une douleur comme si une petite partie de moi m'était arraché. Parfois, il nous faut plusieurs tentatives pour pouvoir nous séparer, chacune d'elles se soldant par une nouvelle étreinte encore plus puissante que la précédente. Nous sommes comme deux aimants recouverts de velcro...



Première nuit ensemble

Octobre 2001

Nous avons décidé de passer notre première nuit ensemble. Quand je me rends au rendez-vous, j'écoute en boucle Ouverture. J'ai réservé une chambre pour la nuit dans un hôtel plutôt chic. Je veux une soirée intime, alors je vais faire quelques emplettes afin de satisfaire son goût des bonnes choses : foie gras, vin blanc moelleux, pain de campagne bio, rocamadour et fruits frais de saison.

Sitôt qu'elle me rejoint, nous nous étreignons tout de suite, nos corps et nos esprits tellement en manque l'un de l'autre. Nous faisons l'amour passionnément savourant à l'avance ces quelques heures de pure liberté qui s'annoncent où nous serons enfin seuls au monde et sans contrainte.

Au bout d'une heure, nous nous restaurons un peu pour reprendre quelques forces tout en discutant des choses qui nous tiennent à cœur. Comme toujours, la communion est totale, nos esprits sont connectés, nous sommes ouverts, à l'écoute de l'autre. Nous allons alors refaire l'amour jusqu'à l'épuisement, entrecoupant parfois nos débats de discussions érotiques ou de jeux amoureux. Elle sait s'abandonner au plaisir et j'adore cela.

Quand nous faisons l'amour, j'aime à garder les yeux ouverts et contempler son visage. Le masque que je lui connais dans la vie courante tombe et je peux voir alors son vrai visage, presque enfantin, d'une beauté et d'une pureté irrésistible. Je lui parle pendant l'amour, pour renforcer le contact. Elle aussi s'exprime : gémissements, feulements, mots d'amour. Il est près de cinq heures du matin et nous sommes littéralement épuisés. Je vais alors réaliser ce qui me tenait à cœur depuis si longtemps : dormir aux côtés de cette femme que j'aime si fort.

Je vais rester éveillé collé contre elle, guettant son endormissement, le moment où son corps va se relâcher, où de légers frémissements indiqueront qu'elle est en train de plonger dans un sommeil réparateur. Je vais savourer cet instant pendant de longues minutes avant de m'endormir à mon tour.

Je me réveillerai avant elle afin de la contempler dans son sommeil, de m'imprégner de sa beauté sculpturale, de ses formes généreuses, de son essence tellement féminine. Je vais la sortir de son sommeil par de douces caresses jusqu'à réveiller notre désir. Nous allons refaire l'amour une dernière fois, dans des draps déjà imprégnés de l'odeur insistante et enivrante de nos ébats de la nuit.

Une fois notre besoin d'amour rassasié, elle va passer sous la douche. Je vais l'accompagner et la laver tendrement, consciencieusement, comme une chatte lavant ses petits. Je m'émerveille sans relâche de sa beauté, de son port altier. J'adore la raie de ses fesses avec un petit zigzag dessinant l'initiale de mon prénom. Je vais la sécher puis la contempler quand elle va se passer une lotion sur son corps. Ses gestes sont gracieux, presque aériens et tellement féminins.

Nous prendrons notre petit déjeuner avant de nous quitter. L'inévitable séparation n'est pas douloureuse cette fois. Nous sommes en accord, nous sommes heureux de ces instants passés ensemble, seuls au monde pour quelques heures. Deux êtres illuminés, sereins, en connexion totale entre eux et ce que les croyants nomment Dieu. Agnostique, je préfère écrire "que nous touchions les étoiles main dans la main seuls dans l'univers".

Sur le chemin du retour, je réalise que tout mon être est profondément imprégné de cette femme. Que je l'aime jusqu'à un point dont je ne vois pas la limite. Je pressens déjà que dans un avenir proche, je serai prêt à tout pour elle. Cette emprise m'effraie un peu mais je ne peux lutter. La raison n'a pas sa place ici : j'ai trouvé ma personne, j'ai trouvé mon âme double...



Libération

Samedi 16 février 2002

Ma femme et moi devons emmener nos enfants en vacances chez leurs arrière grand-mère dans le Limousin. Nous partons le matin et repartirons le lundi 18.

Ma femme veut être sûre de se réveiller vers 9h00 le lendemain alors je lui prête mon téléphone portable qui dispose d'une fonction réveil. Dans la soirée Triniti m'enverra le message suivant :

« Amour, repose-toi bien à la campagne et reviens moi vite. »

Ca ne loupe pas, le lendemain, ma femme tombera sur le message. J'avouerai directement avoir une liaison depuis maintenant sept mois. Les deux jours qui vont suivre seront particulièrement pénibles car nous ne sommes pas libres d'en discuter devant sa famille... Nous en parlerons une fois à la maison. Le voyage du retour est particulièrement éprouvant. Mais je suis soulagé. Fini les mensonges, fini les prétextes inventés pour voir Triniti, fini de cacher mon amour fou pour cette femme.

Ma thérapeute m'indiquera par la suite que c'est mon inconscient qui a fait que j'ai prêté mon portable à ma femme. Il fallait qu'elle le découvre car je n'avais pas le courage de lui avouer. Personne n'est parfait...



Choix de la déraison

Dimanche 4 aout 2002

Je suis en vacances en famille depuis le mi-juillet. L'ambiance est lourde, palpable entre ma femme et moi. Nous avons déjà évoqué plusieurs fois notre séparation mais c'est très difficile avec quatre enfants. Aucun ne veut franchir le pas.

Cela fait trois semaines que je n'ai pas vu Triniti et mes pensées sont continuellement tournées vers elle. Trois semaines que je pense à notre avenir. Je dois prendre une décision, une décision grave. D'un côté, la raison qui me dicte de mettre fin à notre liaison et de préserver ma famille. De l'autre cet amour que nous éprouvons l'un pour l'autre.

Ma décision est prise : ce dernier dimanche des vacances marquera ce que j'appelerai par la suite "Le choix de la déraison". Cette date est gravée à jamais dans ma mémoire.



Under pressure

Janvier 2003

Je vis toujours chez ma femme. Depuis qu'elle a découvert notre liaison, nous faisons lit à part. Je me suis installé à l'étage où j'ai une grande pièce. Une commode, un lit, un bureau, quelques objets personnels, ma guitare. La vie n'est pas rose et les disputes fréquentes. Je lui ai fait part de ma décision de prendre un appartement mais ce n'est pas facile à trouver.

Mes visites matinales chez Triniti se sont légèrement espacées. Bizarrement,  elle se sent de plus en plus gênée de m'accueillir chez elle. Pourtant, c'est chez elle, pas chez son compagnon qui a son propre appartement. Plusieurs fois, bien qu'elle m'ait demandé la veille de passer le matin, elle me recevra avec une certaine froideur. Souvent, nous ne ferons pas l'amour nous contentant de discuter en buvant un café.

Nous trouverons quand même quelques jours pour nous retrouver dans un hôtel. Là, nous passerons des moments merveilleux. Faisant l'amour, des séances de massage, du shopping dans le centre commercial non loin de l'hôtel, des ballades dans le parc le jouxtant. Cinq ou six heures de pur bonheur partagé, enfin libre de vivre notre amour. Des minutes si précieuses gravées à jamais dans ma mémoire.

Un midi de ce mois de janvier, nous irons déjeuner à l'extérieur. Elle est tendue, agressive. Elle va alors m'expliquer qu'il faut que je fasse quelque chose car elle a vraiment l'impression que je la prends pour une pute à l'emmener à l'hôtel comme cela. Je suis désemparé, elle sait qu'avec ma femme nous avons pris la décision de nous séparer et que je dois chercher un appartement. Je ne comprends pas sa réaction. J'ai beau lui dire que je vais finir par trouver, qu'après tout, je suis maintenant - presque - dans la même situation qu'elle : je vis avec une femme avec qui je n'ai plus aucun rapport amoureux. Elle vit bien avec un homme qui ne la touche jamais non plus, bien qu'il partage parfois sa couche...

Je vais lui promettre de mettre les bouchées double pour trouver mon appartement. Elle vient de me mettre une grosse pression...



Pas si baltringue que ça le garçon

Février 2003

Elle me traite de baltringue régulièrement quand je dis que je vais prendre un appartement. Peut être croit-elle que cela a fini par s'arranger avec ma femme et que l'on peut continuer à se voir comme avant.

Sauf que je viens de trouver l'appartement en question et je lui annonce. Elle est vraiment étonnée que je sois allé au bout. Elle est un peu déçue que cela soit là où j'habite. Je lui explique que nous sommes convenu avec ma femme de procéder comme suit : je quitte la maison avec mon premier fils et on met en place une garde libre pour les trois autres (chacun aura la responsabilité des enfants une semaine sur deux).

Elle semble heureuse mais je sens bien que quelque chose ne va pas : elle n'avait pas pensé aux enfants. Peut être croyait-elle que je prendrais un appartement près du bureau où je vivrais seul, laissant ma famille livrée à elle même. Je n'en suis pas capable.

J'ai quand même démontré que j'avais franchi le pas le premier. La balle était maintenant dans son camp...



Nuit d'horreur

Vendredi 7 mars 2003

C'est le soir où je dois quitter ma famille, ma maison. Ma femme et moi avons décidé que je dois emmener mon grand fils avec moi. Je viens de charger ma voiture avec ce que je peux avoir : du matériel de camping, un mini-frigo, deux matelas gonflables, deux duvets, mes quelques affaires personnelles, quelques habits pour moi et mon fils ainé ainsi que ses affaires de classe.

J'essaye de faire bonne figure mais le cœur n'y est pas et tout le monde est bouleversé. Mon second fils, visage fermé, me jette des regards noirs emprunts de muets reproches. C'est un adolescent maintenant, et je sais qu'il ne me pardonnera jamais ma trahison. Au moment de partir, mon troisième fils craque littéralement : ce n'est que cris et larmes, il se couche devant la porte pour m'empêcher de partir, s'accroche désespérément à moi pour tenter de me retenir, m'implore de rester. J'en ai le dos glacé, mes larmes jaillissent mais je m'entête. Nous partons.

L'appartement vide est sordide. C'est un deux pièces sous les toits datant des années soixante-dix. Le papier au mur est déchiré par endroit. Au sol, le lino, inusable, est laid à souhait. L'ancien locataire n'était pas très propre et des traces de crasse trainent ici et là. Nous installons rapidement les matelas. Mon fils dormira dans l'unique chambre, moi dans le salon. Le mini-frigo, le placard de camping avec sa plaque au gaz sont rapidement montés dans la cuisine.  Nous rangeons les quelques courses que j'ai faites pour le petit-déjeuner du lendemain matin. Nous ne nous parlons pas. Le silence est lourd et pesant. Il est prêt de vingt deux heures, il faut aller se coucher et tenter de dormir.

Une heure trente du matin : impossible de trouver le sommeil, je suis en larmes depuis trois heures. Mes pensées aiguisées comme le fil d'un rasoir, la conscience en éveil, la certitude aigüe que je suis en train de commettre l'irréparable. Il y a une partie de moi qui se refuse à abandonner ses responsabilités de père de famille. J'ai peur pour eux, peur qu'ils leur arrive un malheur alors que je ne suis pas là. Mon être est déchiré entre l'amour immense que j'éprouve pour cette femme et la conscience de ma trahison. La raison doit l'emporter : je dois renoncer, je dois retourner chez moi. Je n'en peux plus, alors j'appelle mon amour pour rompre et lui annoncer que je renonce.

Elle savait que c'était ce soir que je quittais ma famille, elle avait laissé son portable allumé. Elle va répondre...

Je suis en larmes, mes propos sont hachés par des sanglots, je lui annonce que c'est la fin de notre histoire, que je renonce à elle, que je rompts à partir de cet instant. Elle ne me coupe pas, m'écoute attentivement, me laisse terminer ma tirade désespérée. Alors, elle va commencer à me parler, doucement, calmement avec cette diction si particulière que j'aime tant : elle va m'expliquer qu'elle m'aime autant que je l'aime, qu'elle refuse que je la quitte, qu'elle refuse de me perdre. Elle me met en porte à faux : si – comme je dis – mon amour est tellement fort pour elle, alors comment puis-je renoncer ? Elle va me montrer un véritable avenir avec elle, un avenir où nous serons ensemble pour vivre enfin notre amour au vu et su de tous. Elle lit en moi comme dans un livre ouvert et elle sait exactement trouver les mots justes pour me calmer et me convaincre. Après plus d'une heure de phrases tantôt sincères et – l'avenir confirmera – tantôt mensongères, elle aura atteint son but : je dois quitter ma femme, quitter ma famille. Je dois devenir l'homme qui devra l'aimer, elle, exclusivement.

Je sors de cette discussion encore agité, angoissé, l'impression sourde au fond de moi que la décision que j'ai prise n'est pas tout à fait la mienne. Mais, l'amour que je lui porte est plus fort. Je vais finir par m'endormir, rêvant à elle et à l'avenir qui s'offre à nous.



Le bustier Christian Dior (1/2)

Mars 2003

Elle a repéré un bustier Christian Dior en solde dans un magasin rue de Rennes. Entre les dépenses que je dois faire pour aménager l'appartement, les meubles, les habits pour mes enfants, le prêt de la maison que je dois honorer seul et la location de l'appartement, mes finances ne sont pas vraiment au beau fixe. Elle aimerait vraiment que je lui offre mais je lui explique que ce n'est pas possible pour le moment...

Il faudra attendre un peu. Trois mois passent et j'ai réussi à économiser quelque peu. Je peux lui offrir l'objet de ses désirs. Elle me donne rendez-vous pour aller dans ce magasin rue de Rennes après le travail. Malheureusement, le bustier faisait partie de la collection précédente et il n'y est plus. Elle est déçue et énervée. Je lui fais la promesse de lui trouver.

Dans les mois qui suivent, nous irons ensemble au Printemps, aux galeries Lafayette. De mon côté, je ferai moult magasins de lingerie sans succès. Souvent, quand nous évoquerons ce bustier, elle me fera la tête, me reprochant de ne pas avoir saisi l'opportunité quand il était disponible rue de Rennes...



Peintures, pochoirs et frises

Avril-Juillet 2003

Il s'agit d'une période de renouveau pour moi. La garde alternée est bien rodée, je suis bien organisé. Une semaine je fais 6h30-16h30 au bureau pour pouvoir être là quand mes enfants quittent l'école. L'autre, j'ai des horaires plus en aspiration avec mon mode de vie nocturne.

J'ai peint la chambre de mes enfants en violet, la pièce principale en blanc, j'ai acheté quatre lits, un clic-clac, deux commodes, une table basse, une table pour la cuisine et six chaises. Notre nouvelle vie est rodée. Mon appartement bien que minuscule est accueillant, je m'y sens bien et mes enfants aussi.

Durant ces mois, Triniti me rendra visite plusieurs fois pour mon plus grand bonheur.

Je me souviens du jour où elle fit de jolis dessins en haut de mes murs blanc en guise de frise : vêtue en tout et pour tout d'une de mes chemises trop longue pour moi, juchée sur un tabouret, les cheveux en bataille suite à nos ébats amoureux. Je la vois encore, les petits pots d'acrylique dans une main, les pinceaux entre les dents, me dévoilant légèrement ses fesses rebondies et charnues, concentrée sur son travail au pochoir.

J'adorais ses visites ! L'avoir une journée à mes côtés, pouvoir me dédier entièrement à elle, rien ne me rendait plus heureux. Nous faisions l'amour dans la cuisine, la salle de bain, le salon ! Nous mangions quand nous avions faim, buvions quand nous avions soif, piquions de petites siestes quand nous étions trop épuisés d'avoir fait l'amour.

Je n'avais de cesse de m'occuper d'elle, de la choyer et de la chérir. J'y trouvais mon bonheur et elle acceptait cela librement et naturellement. Je savais donner et elle savait vraiment recevoir

Six ans plus tard, il suffit que je ferme les yeux pour revoir cette scène jusque dans ses moindre détails. J'ai beaucoup de souvenirs de ce type où elle est présente. Ils sont d'une précision et d'une netteté incroyable. Je pourrais raconter chaque instant, chaque détail si minuscule soit-il. Les images sont là, ciselées, gravées dans ma mémoire. Tous les autres instants où elle n'était pas là sont oubliés depuis bien longtemps. Elle savait vraiment changer ma perception du temps et de la réalité qui m'entourait.



Premières et ... uniques vacances ensemble

Juillet 2003

Son compagnon travaille à sa maison de campagne. Elle est disponible trois jours et nous décidons de passer ces trois jours ensemble au Tréport. Nous devons nous retrouver non loin de notre lieu du travail le dimanche soir et partir ensuite. Nous prendrons sa voiture et je conduirai.

Tout s'est décidé très vite et je n'ai pas eu le temps de réserver ni hôtel, ni restaurant… Il y a trois heures de route et nous savourons ce moment d'intimité. Comme à notre habitude, nous discutons sans cesse. Je suis toujours étonné par la façon dont elle lit en moi comme dans un livre ouvert. Pour ma part, je vois encore des zones d'ombres chez cette femme, mais de temps en temps, elle me livre quelque secret, quelque anecdote sur sa vie.

Nous arrivons à destination et décidons d'abord d'aller nous restaurer en partageant un plateau de fruits de mer. Il s'agit alors de se mettre à la recherche d'un hôtel mais avant je lui propose une promenade sur la plage pour aller voir la mer. J'aime la mer. Elle me fascine et m'effraie à la fois. L'air est frais en ce début de soirée. Nous discutons tendrement de notre amour jusqu'à ce qu'elle me lâche, non sans gravité :

- « J'aimerais un enfant de toi ! »

Je suis bouleversé par cette déclaration. Serait-il possible qu'elle m'aime à ce point ? Que j'ai finalement eu raison de quitter ma famille pour cette femme et qu'elle envisage un véritable avenir avec moi ? Nous savons tous les deux que la venue de cet enfant n'est pas possible, ne serait-ce qu'à cause de notre âge, mais je comprends le sens caché de ce message. Je suis heureux de cette vraie déclaration d'amour.

Après de longues recherches nocturnes, nous finirons par trouver un hôtel du côté de Eu. Un petit hôtel charmant et pittoresque. Nos hôtes, d'un certain âge, voient bien que nous ne sommes pas un couple ordinaire, je le lis dans leurs regards teintés de bienveillance. Bizarrement, je remarque aussi une infime trace de tristesse quand ils me regardent, moi. Nous prenons possession de notre chambre. Je me réjouis par avance de pouvoir à nouveau dormir tout contre cette femme qui est tout pour moi. Nous faisons l'amour tendrement juste assez longtemps pour que la fatigue prenne le dessus. Nous nous couchons, imbriqués en chien de fusil. Je suce mon pouce, comme quand j'étais enfant. Ce geste a toujours été le signe d'un grand bien être, un sentiment de quiétude, de sécurité et d'apaisement pour moi.

Nous passerons trois jours merveilleux, sans contrainte, faisant l'amour au réveil au point de louper le petit déjeuner. Nous profiterons du soleil à la plage, retournant faire l'amour à notre hôtel quand notre désir est si fort que nous serions bien capable de le faire aux yeux de tous ! Quand nous sommes rassasiés, nous retournons nous promener en ville ou au bord de la mer. Je vais savourer chaque nuit où je dormirai à son contact, m'endormant toujours après elle et me réveillant avant pour pouvoir m'imprégner de ces instants de bonheur.

Au moment de partir, je remercierai nos hôtes pour la qualité de l'accueil et de l'hôtel. Ces derniers ont bien compris qu'il s'agit maintenant d'un couple particulier, fusionnel. Je peux le voir dans leur regards. Et je noterai à nouveau ce léger voile de tristesse à chaque fois qu'ils me regarderont dans les yeux. Comme s'ils savaient quelque chose que je ne sais pas encore...
 



Comprenne qui pourra !

Petit échange de mail datant de ma période "Tigres et Dragons". J'aime ce film, j'aime l'histoire d'amour que vivent Li-Mu-Bai et Shu-Lien. J'aime la fin dramatique. J'ai du le voir deux douzaines de fois... A l'époque, je nous avais créé deux adresses email... Le rituel était le suivant : Elle m'écrivait le soir avant de partir du bureau, je lui répondais de chez moi souvent tard dans la nuit.


De : shulien92@hotmail.com
A : limubai77@hotmail.com
Objet : Infos du jour, bonsoir.....
Date : 25-aout-2003 - 18:04:23

Bonsoir cher Li me répond toujours si tard,

Je suis contente parce que je me suis réconciliée avec ma copine. Moi je pars vers 18h15, il faut que je trouve un castorama pour acheter des plinthes qui iront avec le parquet en bambou. Je vais aussi acheter des prises et interrupteurs jaunes ou jaune ?? pour aller avec les meubles de mon fils et une lampe de bureau.

C'est sa fête aujourd'hui, chez nous les protestants, on ne fête pas les saints, mais je lui offrirai quand même un petit truc...

J'ai aimé ton sms image. Ce soir, je ne sais pas quoi dîner, il faut que je perde 1 kg, alors attention !! (pas de choucroute,
pas de pomme-de-terre, pas de saucisses, pas de religieuse, mais de l'eau, de l'eau). Je vais peut-être faire de la compote de pommes ce soir ou du repassage et beaucoup pipi !!!

A demain.
Shu-Lien

De : limubai77@hotmail.com
To : shulien92@hotmail.com
Objet : Re: Infos du jour, bonsoir.....
Date : 26-aout-2003 - 02:27:30

Bonsoir belle Shu,

ou plutôt bonjour car il est 2h12... J'adore votre sens du détail dans votre conception de la vie. Et c'est un délice que de lire ces longs mails.

Je suis devant mon micro, les yeux plus très en face des trous, rêvant tout éveillé à vous.

Votre mail me donne une idée : la prochaine fois que nous serons réunis, je vous ferai une petite réflexion sur votre kilo en trop. Alors, vous vous précipiterez sur les bouteilles d'eau, boirez tout votre saoul, puis inévitablement, vous aurez plein d'envies de pipi. Peut être alors que j'aurai ma chance...

Voilà, je vais aller me coucher maintenant. Je ne retrouve plus votre odeur ni sur mon oreiller, ni sur la couette ; la présence d'un doudou devient hautement souhaitable si vous ne voulez  pas que je devienne neurasthénique !...

Je vous aime blonde sculpturale, source de tous mes pêchés de chair, partie manquante de mon moi profond,

Li Mu Bai


De : shulien92@hotmail.com
A : limubai77@hotmail.com
Objet : Re: Infos du jour, bonsoir.....
Date : 26-aout-2003 - 19:40:02

Bonsoir Li,

Je pars, ce soir je n'ai pas d'inspiration et j'ai mal aux yeux. j'ai un peu faim, je vais diner polenta et mousse de chou-fleur au thym.
J'espère que je vais retrouver mon portable. J'ai une tonne de repassage à faire.

Je t'embrasse (au fait tu es pas mal en rédaction aussi, je te laisse réfléchir sur le aussi... et bonne nuit)

Shu


De : limubai77@hotmail.com
A : shulien92@hotmail.com
Objet : Re: Infos du jour, bonsoir.....
Date : 27-aout-2003 - 00:27:08

Chère Yu Shu Lien,

Le "aussi" ... D'abord je ne l'ai pas du tout remarqué, alors j'ai lu vos parenthèses puis une première étincelle s'est faite dans mon esprit et j'ai ri. Ensuite, une seconde raison m'a traversé l'esprit...

Puisque nous en sommes à nous poser des sujets de réflexion, je vous laisse deviner, belle Shu-Lien, quelles sont ces deux interprétations possibles...

Je suis assez fatigué ce soir et ma couche me semble très accueillante. Je vais donc aller me reposer quelque peu, en tournant toutes mes pensées vers vous.

Un Koan Zen m'accompagnera : "La force n'est rien. Seul compte le doudou"

Je vous aime de tout mon être,

Li Mu bai


De : shulien92@hotmail.com
A : limubai77@hotmail.com
Objet : Re: Infos du jour, bonsoir.....
Date : 27-aout-2003 - 17:32:14

Bonsoir,

Grâce à cette réponse tant attendue, j'apprends que je ne m'appelle pas Shu mais Yu Shu.

Ce soir mon menu sera le même qu'hier puis repassage en regardant l'athlétisme. Je m'ennuie de toi, pas de nouvelles dans la journée ou très peu. Le retour de ton copain ou celui de tes enfants influe. Quand nous voyons-nous ? Hier, je suis passée devant le pub, toujours fermé.Moi aussi, j'ai pris l'habitude de te voir souvent, je me sens bien dans ton appartement.

A demain Li.

Yu Shu


De : limubai77@hotmail.com
A : shulien92@hotmail.com
Objet : Re: Infos du jour, bonsoir.....
Date : 28-aout-2003 - 00:06:40

Chère Yu Shu Lien,

Je vais regarder à nouveau "Tigre et dragons" afin de savoir où est le nom et et où est le prénom.

Je m'ennuie de vous aussi. Nos rendez-vous au Klix me paraissent bien insipides comparés aux instants délicieux que nous avons passé ensemble.

Mais ni mon ami, ni mes enfants ne peuvent combler mon manque de vous.

Quant à nous voir, je ne saurais vous dire dans combien de temps, vous êtes tellement prise et si peu disponible... Ce que je sais, c'est qu'une fois ce moment venu, peu m'importera qu'il se soit passé trois jours, trois semaines ou trois mois car vous savez changer
ma perception du temps et me faire vivre l'instant présent en me faisant oublier l'attente.

J'ai dîné de quelques grains de riz agrémentés d'une sauce tomate à la viande. Ensuite, j'ai fait un peu de rangement, un peu de repassage et me voila devant mon ordinateur en train de vous écrire.

Maintenant, je vais aller me coucher. Comme chaque soir, vous habiterez mes pensées, parfois romantiques, parfois charnelles, toujours indiciblement amoureuses.

Le Koan de ce soir sera : "Vois cette culotte : elle est le Doudou et elle n'est pas le Doudou"

Je suis fait de vous et sans vous je ne suis plus. Dieu, que je vous aime !

Li Mu Bai



Où je cause ma propre perte

Fin 2003

Je sais qu'elle n'aime pas les fêtes de fin d'année et que cela lui donne le bourdon. Depuis quelques semaines, elle ne va pas bien, elle semble douter d'elle, elle se pose des questions sur son mode de fonctionnement, elle jette souvent un regard critique sur ses motivations personnelles, sur ses défauts. Elle semble ne plus assumer le regard de ses ses proches ou de ses collègues de bureau. Moi qui la connaissais forte et capable de s'assumer, je suis malheureux pour elle.

Nous aurons de longues conversations à ce sujet sur plusieurs jours. Moi qui l'aime inconditionnellement, jusqu'à aimer ses défauts autant que ses qualités, je vais alors longuement lui expliquer et lui faire comprendre qu'elle est unique, au dessus de ce que peuvent penser les autres. Qu'eux ne peuvent pas comprendre la richesse de sa personnalité, son intelligence. Qu'ils sont à mille lieux de connaitre cette femme, certes complexe, voire ambigüe, mais tellement riche. Qu'ils ne sont pas suffisamment sensibles pour pouvoir voir en elle cette personnalité hors du temps et des conventions. On ne peut juger une personne que si l'on est capable d'atteindre son niveau et ce n'est le cas pour aucun d'entre nous.

Nous aurons ces discussions à maintes reprises. Je réitérerai encore et encore mes explications, lui faisant passer tout l'amour dont je suis capable, jusqu'à ce que je lui insuffle à nouveau cette confiance en elle, cette faculté à assumer, cette certitude d'être une personne loin de la bassesse de notre monde.

Essayez donc d'imaginer la force que pourrait vous apporter une personne qui vous aimerait en bloc. Une personne capable de voir chacune de vos plus infimes qualités, capable de vous comprendre sans vous juger, et de vous accepter entièrement telle que vous êtes jusqu'à sublimer vos défauts. Un tel amour vous donnerait certainement la force d'entreprendre tout et n'importe quoi.

Avec le recul, je réalise maintenant qu'à cette époque, je lui ai donné la force de mettre en œuvre ma propre destruction...



Fermeture

Voilà, les années lumineuses sont terminées, le soleil se couche et un crépuscule rougeâtre et sanglant envahit l'horizon. Ce crépuscule durera près de trois ans.

Pour en revenir à l'explication donnée par ma thérapeute, ce phénomène d'âme double, extrêmement rare au demeurant n'a guère d'issue heureuse. Ce type d'aventure n'arrive qu'à des personnes d'âge mûr, se connaissant bien eux-mêmes, avec une certaine expérience de la vie, déjà installées dans la société, souvent en couple avec des enfants. Deux cas sont alors possibles :

C'est ce qu'elle va faire, froidement, lentement mais de façon implacable, cherchant toutefois à tirer partie de cet amour dévorant que j'avais pour elle jusqu'au dernier moment possible. Si vous êtes prêts pour la suite, cliquez sur ce lien et commencez avec moi la lente descente aux enfers.

2004-2006



Ouverture

Cette période est un long coucher de soleil avant que ne tombe la nuit noire et sans lune.

Pendant ces années, elle va lentement construire avec Roger tout en gardant son emprise sur moi. Elle se trahira par deux fois mais je resterai aveugle. Jamais elle ne me dira la vérité sur ce qu'elle préparait et sur le futur qu'elle envisageait. Dans sa vision, je devais rester l'amoureux éperdu, prêt à tout pour elle, réclamant sa présence comme un gueux quémande quelque crouton pour pouvoir survivre. Les vers "laisse moi devenir l'ombre de ton ombre, l'ombre de ton chien" prennent ici tout leur sens. Je devais rester à sa disposition, passant après sa vie familiale, sa vie avec Roger, sa vie professionnelle et sa vie sociale.

L'année 2005, année de mon divorce, sera particulièrement éprouvante et nous ne nous verrons qu'une demi-douzaine de fois dans l'intimité. Le plus souvent ce sera un samedi après midi. Jamais plus nous ne dormirons ensemble.

Par contre, nous ferons souvent du shopping : dessous chics, jupes et pantalons sur mesure en cuir, carrés hermès, parfum et autres accessoires.

La lente descente aux enfers se poursuivra sans que je ne m'en rende compte pour finir par une inévitable pseudo-rupture...



Le bustier Christian Dior (2/2)

Mai 2004

Après plus d'un an de recherches, j'ai fini par trouver le fameux bustier Christian Dior qu'elle voulait à tout prix. Je l'ai trouvé sur Internet sur un site de lingerie haut de gamme. Le prix est à la hauteur de la beauté de l'objet : 325 €. Je passe commande et le bustier si attendu m'est enfin livré. Je trépigne d'impatience de pouvoir lui offrir et je voudrais bien la voir l'essayer. Je l'invite à passer un samedi après midi à mon appartement. Elle accepte, ce sera le samedi 15 Mai car je n'ai pas la garde de mes enfants cette semaine.

Comme à chaque fois depuis fin 2003, elle n'est pas contente de venir dans mon "village ringard" de ma "Seine et Marne de ploucs". Je n'aime pas quand elle me parle comme ça. L'après-midi que nous allons passer ensemble est tendu. Elle est froide, distante. Je suis désappointé, je ne comprends pas sa réaction et la dispute n'est pas loin. Nous nous quitterons tôt. Je suis dans une totale incompréhension et malheureux. Bien plus tard, j'apprendrai qu'elle dira à son confident Ditch :

« J'ai encore fait des miennes avec chiant-ian, nous avons essayé de passer un après-midi ensemble sans dispute à essayer le Bustier. Enfin bref j'ai fait une tête pas possible, mon bustier faisait partie de la collection hiver et nous sommes au mois de mai !!! je suis partie sans lui dire au revoir.  Après j'étais tellement énervée, j'ai passé mes nerfs sur Roger »

Il lui répondra

« Tri, tu déconnes
Ha non non non je t'interdit de passer tes nerfs sur Roger
Arrête avec le ian et fais un énorme câlin à Roger ce soir. »

Ce qu'elle fera sûrement et avec ce si joli bustier...



Y aurait-il anguille sous roche ?

30 septembre 2004

Je suis chez mon ex-femme pour régler quelques soucis d'organisation avec les enfants. Je vais recevoir deux SMS de ma belle. Le second va me plonger dans un état de grande perplexité et d'agitation.

« Bonsoir Neo. Je viens de me disputer avec R. Il m'énerve. Je viens de lui dire que j'ai pris un amant et il s'en fiche. Il ne me croit pas. Je ne lui ai pas dit qu'il s'agissait de toi mais fais attention à toi quand même demain en venant au bureau, il pourrait avoir deviné »

Ce message me laisse dubitatif et les questions déboulent : pourquoi ne la croit-il pas ? comment lui a t-elle annoncé ? pourquoi ne pas avoir dit que c'était moi ? Pourquoi ne l'a t-elle pas renvoyé chez lui ? je n'ai rien à cacher, je suis divorcé et je veux vivre avec cette femme. Je souffre depuis bien longtemps de ne pas pouvoir afficher cet amour en public. Autour de nous, au bureau, il y en a qui ont franchit le pas et qui sont heureux.

Pour l'avoir vécu, je sais que ce genre de déclaration s'ensuit  immédiatement d'une salve de questions : qui est-ce, depuis combien de temps, que comptes-tu faire ? Le tout doublé d'une série de reproches. Dans son cas, l'affaire est enterrée directement... J'ai besoin de réfléchir, je ne comprends pas son attitude. Elle avait l'occasion de tout avouer, de montrer qu'elle veut construire avec moi, pas avec lui et elle n'en a rien fait... Je vais lui répondre par le SMS suivant :

« Bonsoir Triniti. Grosse dispute aussi avec I. ce soir... J'ai aussi eu tes deux messages. Le second m'a beaucoup troublé... Je trouve que tout va pour le pire dans nos vies et je ne te comprends pas. Je ne viendrai pas demain. Je veux que l'on cesse de se voir et de s'appeler pendant quelque temps. La situation est bien trop compliquée et je ne peux pas faire face sans y réfléchir. Je te promets de revenir vers toi bientôt pour partager le fruit de mes réflexions. Je suis profondément triste et désolé. Néo. »

En réalité, je ne tiendrai qu'une poignée de jours sans la voir. Quand je reprendrai contact, elle sera ironique en me demandant le "fruit de mes réflexions". Je serai franc avec elle : qu'à cela ne tienne, elle n'a pas le courage de quitter R. alors j'attendrai le temps qu'il faudra. Je crève d'amour pour elle et je suis prêt à tout les sacrifices. Après tout, elle est suffisamment intelligente pour finir par comprendre et elle saura faire le choix qui s'impose le moment voulu...

Maintenant, après ces mois d'analyse, une fois la compréhension faite en moi, cela correspond tout à fait à son attitude au quotidien : aucune prise de responsabilité mais juste une pirouette pour se dédouaner. En lisant entre les lignes de son SMS, je peux lire :

« Tu vois je lui ai dit comme tu me l'as demandé. J'ai fait le nécessaire mais il ne veut pas me croire. Ce point est clos »

Je peux vous assurer que le jour où j'ai disjoncté après avoir appris son mariage dans mon dos, j'ai appelé Roger pour tout lui dire. Il a été très attentif et il m'a crû sans l'ombre d'un doute. Elle savait se montrer plus persuasive avec moi qu'avec lui...



Bains et douches (ou B&D entre nous)

Octobre 2004

Je suis en pleine procédure de divorce. C'est un moment difficile pour moi et toute ma famille. Ne s'agissant pas d'un divorce à torts partagés, je dois faire face à mes responsabilités. Je suis perturbé, tendu. Mes discussions avec Triniti - quand je peux la voir - sont trop sérieuses pour elle et semblent l'ennuyer plutôt qu'autre chose. J'aurais besoin de son soutien mais elle parait quelque peu détachée. Je comprends qu'elle soit aussi perturbée par ce qui arrive, ce qui expliquerait son attitude aussi détachée.

La procédure de conciliation aura lieu le 30 Novembre. Il n'y aura pas de conciliation, le divorce sera prononcé quelques mois plus tard. Je suis à la fois angoissé par cette décision et en même temps soulagé. Je vais bientôt pouvoir vivre mon amour avec cette femme que je crois faite pour moi.

Bien plus tard, je tomberai sur cet échange entre elle et son confident Ditch exactement 14 jours avant la conciliation :

« Erevan est un peu laissé de côté, alors il fait la tête mais Roger et moi c'est cool en ce moment. Ma salle de bain commence à prendre forme. »

Et lui de répondre :

« Je suis content que cela aille bien entre toi et Roger, j'ai eu peur. »

J'apprendrai ceci après le choc causé par son mariage. Cela me fera plonger un peu plus dans ma dépression. Je lui écrirai pour obtenir une réponse à cette simple question :

« Pourquoi n'as tu pas rompu avec moi à cette époque sachant très bien que tu étais en train de construire avec ton futur mari ? lors de la conciliation, j'aurais pu faire marche arrière et éviter l'explosion de ma famille... »

Je n'aurai jamais de réponse. Maintenant je sais qu'à nouveau elle a agit comme à son habitude : surtout, ne prendre aucune décision où elle serait responsable. Laisser l'histoire suivre son cours et peu importe les conséquences pour moi.

Et dire qu'à cette époque, par deux fois, elle me fit faire faire un aller-retour à midi entre le bureau et mon appartement dans mon "village de ploucs" pour pouvoir utiliser ma douche. Nous ne ferons pas l'amour. Je me contenterai de la laver avec douceur, de la sécher et de la crémer en contemplant son corps si féminin, totalement absorbé par la présence de ma déesse. Elle exprima sa deuxième demande ces termes :

« Ayant bien appréciée la dernière fois, j'en redemande !!! »

NDLA :appréciée est mal accordé.



Le divorce est prononcé

5 Février 2005

Ca y est, nous sommes passés devant le juge. Le divorce est prononcé. Pas de torts partagés sachant que je suis le seul fautif. La sentence est sévère mais juste :

A cela s'ajoute les 700 € de loyer de mon appartement. L'histoire me coute donc 2050 € mensuellement. Nous avons décidé de faire une garde libre. Je prendrai mes trois autres enfants les semaines paires, il resteront à la maison avec leur mère les semaines impaires. Mon grand restera avec moi.

Lorsque j'expliquerai tout cela à Triniti, elle n'en sera pas enchantée et je n'aurai pas son soutien comme je l'avais espéré. Au contraire, cette histoire de garde alternée, le fait que je doive rester dans mon appartement proche de la maison pour ne pas tout chambouler au niveau de l'école, ne lui plait pas. Souvent elle me reprochera de faire passer mes enfants avant elle... Elle qui - soit dit en passant - ne s'est toujours pas décidé à mettre Roger dehors, elle qui m'a toujours fait passer en dernier dans ses priorités...

Je pense qu'elle aurait aimé que j'envoie tout balader, que je me prenne un appartement plus proche de chez elle et que je reste à sa disposition à l'attendre.

Elle fera aussi un peu la grimace quand je lui parlerai de la pension alimentaire et de la prestation compensatoire...

Avec le recul, elle aurait pu empêcher cela en me disant que j'allais divorcer pour rien, qu'in fine, elle resterait avec Roger et qu'elle avait déjà commencé son travail de construction depuis plus d'un an. Mais, ce n'est pas dans sa nature de se mettre sur la sellette... Alors, elle me laissera continuer à espérer.



Anneaux

Mi-février 2005

Le pas a été définitivement franchi : je suis officiellement divorcé depuis une dizaine de jours. Elle doit passer me voir ce samedi après-midi et nous devons aller dans un centre commercial. Elle veut faire du shopping du côté de chez Mickey.

Quand elle arrive chez moi, elle me tend un petit paquet en papier de soie. Intrigué, je l'ouvre et y découvre deux alliances en argent. Je suis désorienté : notre liaison est difficile depuis que je sais que Roger a rendu son appartement, qu'il travaille sur sa salle de bain, que les travaux à "sa" maison de campagne monopolisent quasiment tous ses week-end. Mais, je suis avant tout bouleversé par ces anneaux argentés si simples. La sobriété de leur ligne et la modestie du métal dont ils sont faits sont l'exact reflet des sentiments que j'éprouve pour elle : tellement évidents, purs, sans fioriture aucune.

Nous allons solennellement  échanger ces anneaux, chacun le passant au doigt de l'autre.

Nous venons de nous marier. Nous en serons à jamais nos propre témoins.

Je n'ai pas demandé cela, mais tout au fond de moi, le feu sacré brûle avec encore plus d'intensité : l'avenir est à nous, elle a choisi d'être ma femme. J'ai un regret quand même : je ne peux pas le porter : il est trop grand pour moi et il glisse de mon doigt...



Prends moi donc en pitié

15 Septembre 2005

Rendez-vous du matin au Klix pour boire un café ensemble. Elle n'a pas l'air heureuse de me voir, ni de me parler. Je vais essayer de savoir ce qui se passe :  elle va m'expliquer que Roger l'a obligée à faire l'amour, que ça a été un moment désagréable, qu'elle se sent salie. Notre discussion s'arrêtera là sans que je ne puisse la réconforter.

La vérité est toute autre comme elle le dit à son confident :

« Pas le moral : ce matin me suis réveillée en pensant à Ianian chiant hein !!! Pas envie de le voir tout à l'heure... »

Moi, j'étais bouleversé pour elle...

Trois jours après son mariage dans mon dos, après qu'elle m'ait ignoré, qu'elle n'ait répondu à aucun de mes appels, j'ai fini par appeler Roger, puis après 10 minutes de conversation, je l'ai rappelée, elle. Voici un petit extrait de ce qui s'est dit :

- « Roger, elle m'a dit que ce mariage n'était qu'un bout de papier, qu'une formalité. Elle me dit qu'elle n'a aucun rapport amoureux avec toi »
- « Euh, non, il s'agit bien d'un mariage d'amour. Oui, nous avons des rapports, on a bien eu un enfant ensemble »

A cet instant : illumination en mon for intérieur (des fois je suis long à la comprenette) : « Bien sûr, je l'ai connue, elle prenait la pilule, elle n'a cessé de la prendre même après notre rupture ! ». Il m'aura fallu 9 ans pour réaliser cela !

Puis, lorsque je vais l'appeler pour lui jeter ces vérités à la face :

- « Triniti, tu n'es qu'une menteuse : ton mariage est un mariage d'amour, vous avez toujours eu des rapports amoureux, vous couchez ensemble. Pourquoi m'avoir menti ? »
Et là, avec cet aplomb et cet agacement que je lui connais quand elle est prise en défaut :
- « Non, c'est Roger qui te ment. Nous n'avons aucun rapport depuis bien longtemps et ce mariage n'était qu'une formalité »

On aurait été l'un en face de l'autre, je suis sûr qu'elle m'aurait dit la même chose en me plantant son joli regard bleu dans les yeux.



Bustier Chantal Thomas et panier de crabes

Samedi 10 Décembre 2005

On devait se voir chez moi, mais comme souvent maintenant, elle refuse en invoquant encore un de ces prétextes auquel je vais croire comme un enfant croit au père noël. Elle me propose alors un après-midi shopping. On se retrouvera donc près du Bois de Boulogne, elle en voiture, moi en moto.

Comme à chaque fois que je la retrouve, les moments passés loin d'elle s'effacent instantanément et j'ai l'impression de ne l'avoir quitté qu'hier. Elle change littéralement ma perception du temps et celle de ses actes passés. Peu importe que la dernière fois elle ait été froide ou blessante. Mon double est là, près de moi, comblant immédiatement la partie manquante de mon être. Je suis à nouveau entier...

Nous irons à moto, chez Secret Dessous où elle choisira un joli bustier Chantal Thomas. Au retour, nous nous isolerons dans sa voiture, nous étreignant avec passion. Mes mains sont en manque de son corps, de sa peau, de son sexe. Je vais la caresser, lui donner du plaisir comme j'aime tant à le faire jusqu'à ce qu'elle succombe et se laisse emporter...

Arrivé chez moi je suis tristounet : à moto avec mes gants, mes mains n'ont pas conservé l'odeur de son sexe si suave... Mais je suis heureux, j'ai vu ma déesse, j'ai pu la toucher, la sentir, l'embrasser. A nouveau, j'ai oublié tous les autres moments passés sans elle.

Petit échange avec son confident le jeudi suivant :

De : Triniti
A : Ditch
J'ai fait du Love shopping samedi à Paris et en moto !!!! C'est plus rapide que le métro ... J'ai un tout nouveau bustier, et de chez Chantal Thomas s'il te plait !!!!

De : Ditch
A : Triniti
Putain je rêve,
Bon je te dis tout vraiment ce que je pense
TU AS RAISON D'EN PROFITER mais je t'interdis de te faire piquer
Concentre toi sur Roger petite tête


De : Ditch
A : Triniti
T'as mis ton body neuf  ?
Il te serre pas un peu ?.........
Hahahahahahah !!!..................


De : Triniti
A : Ditch
Un bustier pas un body !!!!! Oui je l'ai mis, il me va à ravir !!!!



CV, Méridien et Venise

27 janvier 2006

Cela fait bien longtemps qu'elle trouve chaque fois un prétexte pour refuser de venir chez moi ou m'accueillir chez elle. Moi, je crois à ses excuses. Je découvrirai par la suite qu'elles étaient souvent hypocrites ce qu'elle confie volontiers à Ditch :

« Moi je devais voir Ian-Ian samedi, je me suis dégonflée (excuse bidon en plus) ! »

Là, c'est différent, elle a besoin de moi pour rédiger son CV et sa lettre de motivation. Elle veut me voir mais pas chez moi, je dois trouver un hôtel où nous pourrons passer la journée. Je suis heureux de la voir enfin. Je réserve une chambre au Méridien porte Maillot. Je veux qu'elle soit bien. J'avais rédigé la demande de rendez-vous en ces termes : "Un peu de douceur dans ce monde de brutes". L'hôtel est classe et cher : 390 € la chambre avec room service pour pouvoir déjeuner au lit quand nous aurons une petite faim.

Elle arrive en retard mais je lui pardonne. Je lui offre un joli bouquet que j'étais allé acheté en l'attendant. Elle n'a pas pris de petit-déjeuner et il fait froid. Nous nous rendons à l'hôtel où nous nous restaurons quelque peu. Nous rejoignons la chambre. A nouveau cette attirance mutuelle fait, qu'aussitôt dans la chambre, nous nous enlaçons avec bonheur. Nous faisons l'amour mais il faut travailler sur le CV et la lettre de motivation...

Nous déjeunerons dans le lit, nous faisant livrer quelques victuailles par le room service. Elle doit partir tôt. Nous referons l'amour. Ce sera notre avant dernier ébat. A la fin, elle m'a murmuré une chose à l'oreille, quelque chose de totalement accrocheur que seule une femme vraiment amoureuse peut dire à son amant. Mon cœur est remplit de joie, je l'aime comme un fou et elle est toujours amoureuse de moi.

Ceci c'est passé le 27 Janvier 2006. 7 jours plus tôt elle prenait conseil auprès de Ditch :

« J'ai une question, je voudrai faire une surprise à Roger pour ces 50 ans, je voudrais l'emmener pour un w-e quelque part et puis j'ai pensé (les blondes pensent parfois), serait-il possible de louer l'appartement que vous aviez à Venise pour une semaine à Pâques ? »

Avec le recul, je vois qu'elle a encore obtenu de moi ce qu'elle voulait : plaisir sexuel, journée dans un hôtel luxueux, un CV et une lettre de motivation rédigée dans les règles de l'art. Normalement, c'est avec son amoureux que l'on visite Venise non ?

NDLA : dans "j'ai une question, je voudrai [...]", doit se conjuguer  au conditionnel, pas au futur simple.



Rupture

28 Avril 2006

Elle n'est jamais disponible. Ou, coïncidence (mais maintenant, je sais que ce n'en n'était pas une), à chaque fois qu'elle l'est, c'est la semaine où je garde mes enfants. Pourtant le planning de garde est simple : je les ai les semaines paires...

Nos rencontres se résument à des déjeuners le midi quand ses copines sont absentes et à des après-midi shopping dans Paris. Je passe vraiment en tout dernier dans ses priorités. Mais l'emprise qu'elle a sur moi n'a pas changé. Je suis toujours amoureux fou de cette femme et elle entretient savamment cet amour. Comme toujours, ma perception est faussée : chaque instant passé avec elle efface instantanément les longs moments de manque. Il suffit qu'elle me fasse rire un instant pour que mes griefs disparaissent aussitôt...

Depuis quelques temps, je suis devenu son informaticien personnel : réparation, mise à jour de ses PC, configuration de son modem ADSL, etc. J'ai du me rendre chez elle à plusieurs reprises et c'est à chaque fois très désagréable d'y rencontrer Roger qui a maintenant élu domicile chez elle, et de lui serrer la main. Qui plus est, maintenant que je le connais, je n'y échappe pas : à chaque fois que nous nous croisons sur notre lieu de travail, nous nous saluons et discutons un peu. C'est difficile pour moi de regarder cet homme dans les yeux alors que j'ai un liaison avec sa compagne.

Je vais donc en parler à Triniti, la mettant au pied du mur, lui demandant de faire un choix et de vivre avec moi (ou moi avec elle). Elle refusera de le faire. Comme à chaque fois, je n'obtiendrai que cette fichue réponse usée jusqu'à la corde :

« Tu ne supporterais de vivre avec moi. »

Cette réponse m'a toujours attristé : après avoir divorcé, fait exploser ma famille, m'être isolé dans un petit appartement, m'être rendu disponible pour elle, elle ne réalise toujours pas ce dont je suis capable.

Je supporterai évidemment de vivre avec cette femme : elle est mon double, la partie qui manque en moi, elle est l'être que je chéris le plus au monde.

Mais elle ne veut pas se mettre à la faute, elle ne veut pas reconnaitre ce qu'elle est en train de construire avec Roger. Maintenant, je sais qu'elle refuse toute prise de responsabilité dans notre relation. Ce serait avouer une faiblesse que je pourrais lui reprocher. Le fait de ne pas m'avoir parlé de son mariage en est la preuve incontestable. Elle est dure et égoïste. Alors c'est moi qui vais rompre ce vendredi 28 avril. Je lui demanderai de sortir marcher un peu après déjeuner et lui annoncerai ma décision. Pour la forme, elle pleurera histoire de me faire culpabiliser et de bien me faire réaliser que je suis responsable et non elle. Son but est atteint : je souffre maintenant d'être à l'origine de notre rupture. Elle me reprochera souvent cette décision et la date du 28 avril. Parfois, le calendrier (comme la typographie de VenDetta) nous jouent des tours...

Je vais rentrer chez moi, je vais pleurer toutes les larmes de mon corps. Je suis triste pour elle, pour moi, par le fait qu'elle ne réalise pas que nous sommes faits l'un pour l'autre, que tout le reste n'est qu'illusion et futilité. Que sa vie sans moi et la mienne sans elle ne seront que des ersatz de vie. Séparés, nous serons à jamais les fantômes de nos propres âmes. Unis, nous étions ce que l'humain a de plus grand en lui. Plus j'y pense et plus je suis certain qu'ensemble nous nous serions vraiment accomplis, aussi bien l'un au travers de l'autre que chacun en soi. Nous aurions pu faire de grande choses...

Ce jour, j'ai cru que tout était terminé...



A vomir

12 octobre 2006

J'ai rompu depuis fin avril. C'est dur, très dur mais je tiens bon. A chaque fois que je la vois, je souffre. La balle est toujours dans son camp :  je suis à sa disposition, je suis divorcé, j'ai mon appartement, ma vie est bien organisée. Elle sait très bien cela. Elle sait aussi que je suis toujours fou amoureux d'elle.

Nous prenons l'ascenseur ensemble. Nous sommes seuls. Elle va alors m'embrasser  ! Je savais que cela allait arriver, j'en étais sûr !

Je suis exalté ! mon cœur cogne dans ma poitrine, le feu intérieur brûle puissamment, grondant comme un incendie incontrôlable ! Elle m'a embrassé ! Mais je dois tenir bon, ne pas craquer. Nous aurons ce court échange de mail dans la foulée de ce baiser :
 



De
 : Frédéric
A : Triniti
Date : jeudi 12 octobre 2006 11:53
Objet : Zero Surpraïze

Avant de monter dans l'ascenseur, je savais ce que tu allais m'embrasser !

De :  Triniti 
A : Frédéric
Date : jeudi 12 octobre 2006 16:54
Objet : RE: Zero Surpraïze

Je suis très malheureuse et en plus tu te moques de moi. Tu devrais encore plus m’enfoncer.

De : Frédéric
A : Triniti
Date : jeudi 12 octobre 2006 16:56
Objet : RE: Zero Surpraïze

Je ne me moque surtout pas.
Quand tu as décidé de m'embrasser, je le savais dans ma tête. C'est la preuve que toi et moi on est pareil et on pense pareil.



Et ce même 12 octobre quelques heures après m'avoir embrassé, échange de mail avec Ditch !!! Notez bien l'heure du message où elle me dit qu'elle est "très malheureuse et que je l'enfonce" et celle du message à Ditch. Il n'y a que deux petites minutes qui séparent leur rédaction mais des années lumières séparent ce qu'elle y exprime.
 


De : Triniti
A : Ditch
Date : jeudi 12 octobre 2006 16:52
Objet : Etat d'avancement au 12/10 :-)

Ça brûle, son chef m’a fait la bise ce matin, or je ne le connais pas ;
je lui tends la main pour lui dire bonjour et il me fait la bise, j’étais surprise !!
mais cette semaine on s’est maté pls fois !!!!!
Je suis dans un état !!!!!!

Ian-Ian m’a envoyé un mail today, je n’ai pas répondu.
Il m’a chopé vendredi dernier après notre restaurant, il m’a dit qu’ il recraquerait peut-être et qu’il préfèrerait une situation amant/maitresse plutôt que rien ……

Voilà les news sentimentales
Et toi mon frère, comment vas-tu, il faudra que tu me racontes ton w-e, ton homme m’a dit que c’était nirvanesque ! Je veux savoir ++++

Bises

De : Ditch
A : Triniti
Date : jeudi 12 octobre 2006 17:42
Objet : REPONSE SUR / Etat d'avancement au 12/10 :-)

COMMENTAIRES DU FRERE

BONJOUR MON SOEUR,

Ça brûle, son chef m’a fait la bise ce matin,
ENFIN UNE BONNE NOUVELLE

or je ne le connais pas ;
ARRETE DE PAS COMPRENDRE DEPUIS LA PREMIERE FOIS QUE TU M EN A PARLE JE L'AI SENTI CE MEC C TON DESTIN D AMANT ET MAITRESSE ET RIEN D AUTRE  (sinon 2 baffes)

je lui tends la main pour lui dire bonjour et il me fait la bise,
NORMAL T SUPERBE !!

j’étais surprise !!
NORMAL T BIEN ELEVEE ET DE BONNE EDUCTATION

mais cette semaine on s’est maté pls fois !!!!!
CA J ADORE C LE MEILLEUR MOMENT  ( JE SUIS RAVI )

Je suis dans un état !!!!!!
CA VA TE CHANGER ET TE PERMETTRE DE

1 OUI TU ES SEDUISANTE
2 OUI C ROGER TON PORT D ATTACHE
3 OUI TU AS LE DROIT A DES RECREATIONS


Ian-Ian m’a envoyé un mail today, je n’ai pas répondu.

BIEN JOUE CONTINU COMME CA

Il m’a chopé vendredi dernier après notre restaurant, il m’a dit qu’ il recraquerait peut-être et qu’il préfèrerait une situation amant/maitresse plutôt que rien ……

CA NON NON NON ET NON CONSENTRE TOI SUR LE POINT 1 SON PATRON DONC NOUVELLE PREOCCUPATION

GOBALEMENT JE SUIS FIER DE TOI SEDUIRE ET CONSTRUIRE DANS LE COUPLE BRAVO

ATTENTION PAS DE ian ian ian

JE VEUX UNE DATE DE DEJ AVEC LE PATRON ET RAPIDEMENT ET DES PROJETS AVEC ROGER


Voilà les news sentimentales

Et toi mon frère, comment vas-tu, il faudra que tu me racontes ton w-e, ton homme m’a dit que c’était nirvanesque ! Je veux savoir ++++

VA SUR LE SITE PALAIS RHOUL TU VAS COMPRENDRE UN CONTE DE FEE ? LA MAGIE ;

JE T4ENBRASSE TENDREMENT


ditch THE BROTHER;;;;;;;;;;;

PS :
MES REPONSES SONT TRES SERIEUSE ATTENTION !



Primo, je déteste les mails avec des majuscules, du langage SMS et des fautes d'orthographe à n'en plus finir !

Secundo, je sais à présent que son baiser dans l'ascenseur ne fut qu'un nième stratagème afin que je reste éperdument amoureux d'elle. Je savais qu'elle allait m'embrasser et je pensais à l'époque que notre rupture l'avait bouleversée, j'en étais malheureux. La vérité c'est qu'elle draguait mon boss tout en continuant à me garder sous son contrôle ! Le tout avec l'aval de son confident. J'espère que Roger qui connait ce Ditch lira ce billet. Mon boss était plutôt beau gosse et un chaud lapin. Qui sait ? je ne suis peut être pas l'unique amant... Après tout, Ditch ne dit-il pas en parlant de lui : « ce mec, c'est ton destin d'amant et de maîtresse »... Je me promets d'élucider ce point auprès de l'intéressé.

Notez qu'elle ment doublement à son confident : elle avait bien répondu à mon mail et elle fait totalement abstraction de de ce baiser. Un mensonge pur et dur doublé d'un mensonge par omission. Lisez aussi attentivement leur échange et les valeurs que Ditch évoque : vous en aurez sûrement la nausée. Pour ma part, quand j'ai retranscris cela je suis allé vomir mon diner. Littéralement.

Le poisson avait déjà avalé l'hameçon, pour le sortir il a fallu utiliser le degorgeoir et les tripes sont venues avec.



Le poisson est ferré

17 octobre 2006

Nous sommes à peine cinq jours après le baiser dans l'ascenseur. Impossible de l'ignorer comme je tenais à le faire. Elle m'avait embrassé ! Je me rapproche à nouveau d'elle et lui propose un déjeuner à l'extérieur. Elle est ravie, son chevalier servant est à nouveau à ses pieds. Je l'invite en ces termes : « Panini ou déjeuner dans Paris à moto ». La réponse est la suivante : « Panini, suis en jupe, par contre la semaine prochaine j’ai une course urgente à faire aux halles, tu m’y emmèneras ? »

Nous irons donc déjeuner un panini et je lui réserve le mercredi suivant pour l'emmener aux halles. Je suis heureux, comme à chaque fois que je la voie ou que je l'emmène quelque part.

Ce mercredi 25 octobre nous irons comme convenu aux Halles. Comme à son habitude, sitôt un peu éloignés du bureau elle m'enlace sur la moto, s'écrase contre moi. Dieu ! que ce contact m'apaise.

Ce qui était moins convenu : au moment de reprendre la moto pour le retour elle va se jeter dans mes bras en m'avouant son amour, osant même quelques larmes et tenter de me voler un baiser. Cet instant va durer quelques secondes mais j'aurai l'impression de le vivre au ralenti. Mon cerveau bouillonne, je suis affolé. Je n'arriverai qu'à sortir un phrase idiote : « Arrête cela ou je crie au viol !!! ». Je ne m'y attendais vraiment pas et je ne sais pas comment réagir. Je la repousse, gêné plutôt qu'autre chose et surtout, surtout, je me sens tellement ridicule.

Après cet instant, je serai à nouveau plongé dans un état de grande perplexité et de grande anxiété pour un bout de temps. Elle m'aime encore, je fais donc bien de l'attendre, elle finira par comprendre mon point de vue pour me rejoindre enfin.

Maintenant, avec le temps qui a passé, avec ce que je connais d'elle, je sais que son but était tout autre : à nouveau, avoir cette emprise sur moi alors que je commençais à me détacher doucement d'elle. Elle connaissait très bien mon mode de fonctionnement et elle savait parfaitement que ce geste me marquerait profondément et ébranlerait toutes mes convictions quant à ce que j'avais décidé. Par la suite, elle fera cela à maintes reprises. Pas souvent bien sûr car elle sait très bien que ma perception du temps est faussée sitôt qu'il s'agit d'elle. Elle saura très bien en remettre une couche à des intervalles savamment  étudiés.

En tout état de cause, sur celui-ci elle avait à nouveau marqué un point : c'était parti pour un nouveau tour de manège gratuit...

Comme je le dis souvent maintenant : je n'avais ni cherché, ni demandé cela...

Ce coup çi, le ferrage a été réalisé de main de maître : l'hameçon est bien planté et il va y rester...



Fermeture

Ainsi se terminent les années 2004-2006.

A l'époque ne sachant pas ce que je sais maintenant, je gardais encore espoir, espoir qu'elle entretenait savamment. Il n'était pas question de renoncer. Elle était ma raison de vivre et je ne pouvais pas imaginer une vie sans elle.

Au niveau professionnel, c'est aussi la période où j'ai failli quitter l'entreprise où nous travaillions tous les deux. J'ai donné ma démission officiellement, j'avais une vrai opportunité mais j'ai renoncé au dernier moment. Cela voulait dire renoncer définitivement à elle.

Ces années sont passées très vite car le temps se contractait  Mon présent se résumait aux moments où j'étais avec elle, le reste du temps filait comme de l'eau entre mes mains.

Je n'ai gardé aucun mauvais souvenir de toutes ces années. C'est en en discutant avec mon ex-femme que j'ai réalisé qu'il y en avait quand même. Elle m'a remis en mémoire des moments désagréables quand Triniti me faisait des crises parce que je ne me consacrais pas entièrement à elle, comme la fois où j'ai passé un dimanche au parc Astérix avec ma famille. Je n'avais aucun souvenir de cela ni des autres moments difficiles.

Nous sommes fin 2006, j'ai rompu mais je garde un fol espoir et je crève d'amour pour elle. Elle ne fera rien pour me libérer. Si vous en doutez, lisez donc la suite de cette histoire

2007-2009



Ouverture

Durant cette période, elle va jouer au jeu du chat et de la souris. Je suis toujours follement amoureux d'elle mais, malgré notre rupture, malgré ses deux tentatives pour que nous nous remettions "ensemble" elle n'est pas décidée à franchir le pas et quitter Roger. Elle veut bien d'une liaison où je serais son amant. Je ne veux pas. J'ai eu l'occasion de rencontrer Roger plusieurs fois depuis 2006 et je ne pourrais pas lui serrer la main ni le regarder dans les yeux si je couchais avec elle. J'ai divorcé, je suis libre, je suis clair dans ma tête. A elle de faire son choix. Elle dit m'aimer, elle n'a qu'à le prouver. Je suis patient, j'attendrai le temps qu'il faudra.

Pour reprendre une maxime des MondoShawan légèrement adaptée : « Le temps est sans importance, seule l'amour est important... »

2009 c'est aussi l'année du « je vais me marier » puis du retour arrière pendant huit mois où il ne sera plus question de ce fichu mariage. Toute une époque où elle fera en sorte que je reste éperdument amoureux d'elle, entretenant savamment cette flamme afin d'obtenir ce qu'elle veut : un amoureux transi, éventuellement capable de craquer à nouveau pour le sexe et les bons moments, capable de lui offrir ce qu'elle désire, à son service pour l'emmener à moto, l'inviter au restaurant. Elle est incapable de lui avouer qu'il n'y a pas d'issue entre elle et moi et qu'elle finira sa vie avec Roger.

Enfin, le 5 octobre 2009, se sera l'apocalypse quand j'apprendrai par des voies détournées qu'elle s'est mariée quelques jours plus tôt, dans mon dos, sans me prévenir, ni même m'en parler une fois ce mariage prononcé. Je vais alors m'effondrer et toucher le fond, sans qu'aucun des acteurs de ce drame ne daigne m'aider à refaire surface. On frôlera par deux fois le drame passionnel.

Je me relèverai sans son aide, prenant le chemin de la vengeance, utilisant ses propres armes, aucune autre alternative n'étant possible.



Le décès de ma mère

29 janvier 2007. Ma mère décède de son cancer qu'elle avait contracté six ans auparavant. En 2001 les médecins nous avaient annoncé qu'elle était atteinte d'un cancer des voies biliaires. Ils ne lui donnaient que trois mois à vivre. Elle aura tenu près de six ans, un vrai miracle inexplicable. Les jours qui vont suivre son décès sont très durs. Triniti m'enverra quand même un petit SMS d'encouragement le jour de l'enterrement. Le propos de ce billet n'est pas là.

Dès que nous sommes devenus amants, avant que ma femme ne l'apprenne, il me fallait en parler. J'en ai donc parlé à ma mère. Elle portait sa brue en grande estime car elle avait accepté mon premier enfant. Je me suis donc fait copieusement disputer par ma mère qui n'était pas du tout d'accord avec mon choix. C'était un sujet de dispute récurrent.

Il a fallu de long mois pour qu'elle comprenne que son fils était totalement dépendant de cette femme et que son bonheur passait forcément par elle. Alors, elle a finit par accepter. Dès lors, nous avons pu parler de Triniti librement et longuement. Maman était secrétaire de direction dans une revue spécialisée. Elle était toujours tirée à quatre épingles pour aller travailler. Une femme intelligente, élégante, fréquentant un certain milieu intellectuel, indépendante de par son travail. Elle avait épousé un chauffeur routier. C'était elle la chef de famille. Depuis qu'elle était à la retraite elle s'était remise à la peinture. Elle était relativement autoritaire et s'adonnait volontiers à l'auto-référence.

Forcément, quand je lui ait décrit Triniti, elle a tout de suite trouvé de nombreuses similitudes avec elle. Son fils était tombé amoureux fou d'une personne qui lui ressemblait par bien des points, par son standing, son indépendance, son intelligence et par son côté artistique. Conclusion : cela ne pouvait être qu'une bonne personne qui prendrait soin de son fils et le rendrait heureux.

Triniti de son côté a souvent insisté pour que je lui présente ma mère, même bien après qu'elle ait décidé en 2004 de faire sa vie avec Roger. Maman voulait aussi la rencontrer. Je n'avais jamais répondu favorablement à cette demande. Je craignais qu'elle ne trouve pas ma mère à son goût car maman était un peu spéciale quand il s'agissait des amours de ses fils...

Je m'en félicite maintenant qu'elle est décédé. Je n'aurais pas aimé à avoir lui tenir ce langage :

- « Bonjour Maman, je te présente Triniti, la femme de ma vie, celle pour qui j'ai tout quitté. Je l'aime comme un fou, elle est mon double, elle est ma personne, tu l'as bien compris et tu sais que c'est une bonne chose pour moi. Mais ni toi ni moi ne le savons encore, dans quelques années elle me détruira et détruira tout ce que j'avais construit avant elle »

Il est clair que si elle n'était pas décédé en 2007, ce que Triniti m'a fait l'aurait tué. Comme elle était très malade depuis 2006, je n'avais même pas osé lui raconter que je rompais avec Triniti car elle n'était pas capable de se séparer de son compagon. Elle est morte en emportant l'idée que son fils avait enfin trouvé sa personne.



Je retourne chez moi

1er mars 2007

Ma mère est décédée il y a un mois. Elle nous a laissé une maisonnette où vit mon frère, un petit appartement de 45 m2 et ... 40 000 € de dettes ! Elle avait toujours vécu à crédit et se croyait immortelle.

Mon frère, handicapé suite à un grave accident de voiture n'a aucun revenu si ce n'est l'AAH. Les créanciers frappent donc naturellement à ma porte. Je vais donc emprunter à mon tour pour pouvoir rembourser. Avec la pension alimentaire, la prestation compensatoire, la location de mon appartement et maintenant le prêt de 40 000 €, c'est très difficile financièrement.

Je vais donc reprendre mes quartiers à l'étage chez mon ex-femme,. Nous nous entendons bien maintenant et elle est d'accord. Cela sera plus simple pour les enfants, la logistique et mes finances.

Quand j'annoncerai cela à Triniti, elle ne sera vraiment pas contente. Lors de nos discussions future elle me le reprochera en ces termes : « Je ne te pardonnerai jamais d'être retourné chez ta femme. »

D'une : je suis divorcé, c'est mon ex-femme ; de deux : qui partage sa couche avec qui depuis le début de notre histoire ?



Helmet Lunch

Avril 2007

Il y a un mois j'ai réalisé un rêve vieux de 10 ans : m'acheter la Ferrari des motos. La mienne est en robe jaune mais elles sont plus souvent rouges. Cette moto a deux vocations : la piste pure et dure, et la frime maximale en ville. Triniti veut un casque pour aller avec. Bien sûr, pas un intégral sportif ou un jet basique. Il lui faut un casque original. J'ai trouvé un magasin qui vend ce genre d'article. Nous irons donc ce 3 avril 2007, avec ce gros twin, à Paris trouver le casque qui devrait lui plaire. C'est la première fois qu'elle monte dessus. La moto à un ronflement puissant, grave et caverneux. Tout le monde ce retourne pour voir cette sublime moto avec cette non moins sublime femme derrière. Sur ce type de moto, la passagère est très penchée en avant, repose de tout son poids sur le pilote. Les reposes-pieds très haut font que la position de la passagère est très très suggestive. Visiblement, elle adore, tout ces regards tournés vers elle et cette sublime moto jaune.

On ne peut pas se parler à cause du bruit de l'engin. Toutefois, quand je sors du périphérique et que je m'arrête au feu, appuyée de tout son corps contre moi, ses bras enserrant ma taille, elle va me dire :

« Frédéric, je suis encore follement amoureuse de toi ! »

Nous sommes en 2007, j'ai rompu avec elle depuis plus d'un an et elle me fait cet aveu ! Et moi, je l'aime, je l'aime, je l'aime ! Tous les espoirs sont encore permis ! Cette déclaration me plonge à nouveau dans la vision d'un avenir avec elle. Je suis heureux !

Deux ans plus tard, je revendrai cette Ducati pour m'acheter une moto un peu plus sage mais très attachante et surtout, moins couteuse à l'entretien, jolie moto mais beaucoup moins remarquable. Elle m'en fera le reproche en ces termes :

« Tu as revendu la moto de Triniti pour acheter la moto qui va avec ta ringarde de femme »

NDLA : d'une, il s'agit de mon ex-femme, de deux, cette moto t'as pourtant promené bien des fois.



C'est qui le mec ?

Mai 2008

Nous nous voyons toujours, soit au restaurant quand elle veut sortir, soit pour aller faire des courses à moto. Nous prenons régulièrement le café ensemble et discutons. Souvent je lui parle de mon amour pour elle. Elle me répond que l'on pourrait continuer une relation amant-maitresse si j'en étais capable. Je me refuse à ce type de relation. Je suis libre, disponible pour elle, elle n'a qu'à franchir le pas à son tour. De plus, je vois Roger souvent, parfois même chez eux, et je me sentirai vraiment mal si je devais lui serrer la main en le regardant dans les yeux en ayant une liaison avec elle. Elle n'accepte pas ce prétexte, le trouvant fallacieux.

Durant ce mois de mai, elle confiera à son amie :

« En tout cas, moi je suis bien dans ma tête avec F. il est toujours très très accroc, mais je ne lâcherai pas car une double vie ce n'est pas pour moi.

C'est peut-être plus un truc d'hommes.

On va organiser notre mariage pour 2009 »

Quand j'apprendrai cela, je n'en croirai pas mes yeux ! Elle dit qu'une double vie n'est pas possible alors que c'est ce qu'elle a organisé depuis le début de notre liaison et ce, jusqu'à ce que je décide de rompre avec elle. Pire, c'est ce qu'elle continuerai à avoir si j'étais d'accord.

« C'est peut être un truc d'hommes » : en l'occurrence, l'homme a quitté sa femme il y a 6 ans pour elle, il l'a attendue, patiemment, croyant qu'elle viendrait comme elle lui avait promis. Il est même resté à sa disposition jusqu'au bout.

En réalité, le mec c'est elle : celui qui a une maitresse qui a divorcé pour lui et qui lui fait croire qu'il fera de même pour la rejoindre. Là, c'est même pire, car même après la rupture, elle fera toujours en sorte que je reste définitivement amoureux d'elle afin d'avoir toujours ce qu'elle veut. Nous le verrons dans les chapitres suivants.

Elle ne me parlera de son mariage que huit mois plus tard.



Red Coca Leather

17 juin 2008

Ballade aux Halles car il faut aller chercher son pantalon en cuir rouge sur mesure qu'elle m'a demandé. On le récupère au magasin Biker. Coût du cadeau : 230 €. Il est beau, d'un rouge profond. La verrais-je un jour avec ? Croyez-vous qu'elle ait à nouveau un quelconque remord de se faire offrir un si joli cadeau par son chevalier servant ?

Voici un petit échange avec son confident :

De : Triniti
A : Ditch
Hier midi, j’ai fait un peu de moto, j’ai un beau pantalon rouge en cuir (que je ne  mettrai jamais :-o )

De : Ditch
A : Triniti
Ben pourquoi pas ?

De : Triniti
A : Ditch
Il est très voyant genre rouge coca-cola !! mais pourquoi pas, il faut trouver des chaussures et je ne sais pas du tout quel genre.

De: Ditch
A : Triniti
Whaou ca va en jeter, J’ai hate de le voir

Triniti, la bonne réponse eut été :

« Je ne le mettrai jamais car j''ai honte, j'abuse de lui. C'est vilain de lui faire croire que je l'aime encore pour pouvoir me faire payer des fringues exceptionnelles. Je n'aurais pas du lui demander et je devrais le lui rendre »



Je vais me marier

Janvier 2009

Nous prenons le café ensemble. Tout d'un coup, elle m'annonce qu'elle va se marier d'un air amusé. Ma première réaction, c'est de prendre cela comme une plaisanterie, comme un défi qu'elle me lancerait. Nous en resterons là pour cette première annonce.

Durant les semaines qui vont suivre, nous reparlerons de ce mariage. J'y crois maintenant, bien que lorsque je lui ai dit que j'allais demander à Roger si c'était vrai, elle me l'ai interdit... Pourquoi donc ? Je lui ai expliqué que ce mariage ne pouvait avoir lieu. Elle dit m'aimer autant que je l'aime alors si elle devait se marier ce doit être avec moi. On ne peut pas épouser un homme alors qu'on en aime un autre. J'ai divorcé pour elle, je suis libre.

Deux ou trois fois, sur le même ton de la plaisanterie, je lui promets que je serai présent à ce mariage et que lorsque que le Maire posera la fameuse question :
- « S'il y a quelqu'un dans cette salle qui s'oppose à ce mariage qu'il parle maintenant ou se taise à jamais »  

Je me leverai alors pour dire :
- « Moi, je m'y oppose : c'est moi qu'elle aime et non la personne avec qui elle est en train de se marier »

Elle va alors m'expliquer qu'il ne s'agit que d'une formalité, un mariage de raison, un simple passage à la mairie, deux signatures en bas d'un bout de papier. Ce mariage est nécessaire pour que Roger puisse reconnaitre son fils (sic) et que ce dernier soit alors son héritier légal. Si un PACS avait pu régler ce cas, elle serait passé par là.

Puis je vais réfléchir pendant deux long mois pour finir par accepter cette situation : je l'aime, si son bonheur et la sécurité de son fils passent par ce mariage avec Roger, alors je dois la laisser faire son choix et vivre cette vie. Mais il faut être clair et arrêter ce double-jeu. Je vais lui annoncer ma décision un après midi de Mars. Nous aurons une longue conversation pendant laquelle je lui expliquerai que j'ai changé et que j'accepte sa décision. Qu'elle a fait son choix et que son bonheur m'importe plus tout. Mais pour cela, je dois me détacher d'elle, je dois faire taire cet amour pour elle, je dois m'éloigner et la voir sous un jour nouveau comme une personne quelconque.

La réaction ne se fera pas attendre : elle ne l'entend pas de cette façon. Elle refuse cette situation. Si je l'aime, je dois continuer à l'aimer. Sinon, je ne suis qu'un menteur. Elle va m'expliquer que si je prends cette voie, cela veut dire que mes sentiments pour elle ne sont pas si absolus que je le prétends, que ce n'est qu'un prétexte pour me remettre avec mon ex-femme.  Je suis extrêmement déstabilisé, elle a raison sur un point  : je crève littéralement d'amour pour elle.

Nous sommes en mars 2009. Durant les sept mois qui vont suivre, jamais plus elle ne me reparlera de son fameux mariage. Bien au contraire, elle continuera d'entretenir cet amour qui me dévore.



Dessous jaunes

Mi-avril 2009

Il y a quelques mois, avant l'annonce de son mariage dont il n'est plus question depuis un mois et demi, elle m'avait demandé de lui trouver des dessous jaunes. J'avais eu beau chercher, impossible à trouver, ou alors, je tombais sur des dessous jaune paille, pas vraiment jolis. Quand, mi-avril, je trouve un ensemble Daniel Hechter, non pas jaune, mais bleu, à carreau, presque cosy. Je la connais, elle aimera.

Je vais lui offrir. Elle n'est pas déçue, bien au contraire. A défaut du jaune, elle trouve ceux là très jolis. La première fois qu'elle les portera, au détour d'une conversation, elle m'en fera voir un aperçu en dégrafant son corsage.

Dieu que j'aime cette femme !



Nième carré Hermès

Mi-juillet 2009

Elle ne me parle plus de son hypothétique mariage depuis cinq mois. Pour ma part, comme toutes les choses désagréables, j'ai oublié, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il s'agissait d'un coup de bluff. Je suis à nouveau en mode attente. Ma vie sans elle me pèse et je me pose sans cesse cette question : peut être puis-je l'arracher à Roger ?

Hermès vient de sortir la nouvelle collection. Il lui faut un nouveau carré et elle va naturellement me demander de lui offrir. Elle me pose un rendez-vous un midi. Je suis heureux de pouvoir m'échapper un peu avec elle. L'ambiance au bureau est difficile. Il fait beau, nous irons chez Hermès à moto. Vers 12h00, nous quittons le bureau. Sitôt éloigné suffisamment de notre lieu de travail, elle se love contre moi et m'enlace. J'ai mon équipement d'été : un simple blouson fin et je peux sentir la chaleur de son ventre et de ses seins contre mon dos, ses bras enlaçant ma taille. Comme toujours, ce contact m'apaise : mon corps amputé d'une partie de lui même retrouve enfin cette partie manquante.

Arrivée sur place, il lui faudra près d'une demi-heure pour choisir son carré. Il y a vraiment un grand nombre de motifs et je suis toujours fasciné par cette faculté qu'elle a de savoir exactement ce qu'elle veut. Je règle le carré - 275 € - et elle propose de m'emmener déjeuner dans un restaurant à quelques pas du magasin.

Le restaurant en question est somptueux. Il s'agit en fait d'un hôtel, offrant un patio où les gens du quartier viennent aussi déjeuner. Il n'y a que du beau monde, hommes et femmes d'affaire, artistes, créateurs, chefs d'entreprise. Il y a aussi les occupants de l'hôtel qui déambulent à l'étage. Elle va prendre un club sandwich et moi des petits nems. La nourriture est plutôt décevante au regard des prix affichés. Nous bavardons et rapidement, j'enchaine sur les sentiments que j'éprouve toujours pour elle. Je lui pose alors la question suivante :

- « Quelle serait ta réponse si je te demandais de passer l'après-midi avec moi dans cet hôtel à faire l'amour ? »

La réponse sera :

- « Oui »

Malheureusement, nous devons retourner au bureau où nous sommes attendus pour des réunions. Je peste en mon fort intérieur de ne pas avoir anticipé cette sortie...

Il est près de 15h00. Nous retournons au bureau, à nouveau, pour mon plus grand bonheur, elle se collera contre moi jusqu'à ce que nous ne soyons plus qu'à quelques centaines de mètres de notre destination.

Je ne le réalise pas encore, mais elle a à nouveau obtenu ce ce qu'elle désirait, en faisant en sorte que je crois qu'elle m'aime toujours...



Je t'aime Triniti

Aout 2009

Je lui ai transmis le site de mon groupe de musique. Elle aime bien nos tee-shirts et elle en voudrait un. Je passe la voir dans son bureau pour discuter de ce qu'elle veut exactement (couleur, forme, motif) et je me rends sur le site où je peux commander les tee-shirts.

Je n'ai pas pris mon micro avec moi et j'utilise le sien. Je suis accroupi à son côté. Elle va se rapprocher de moi jusqu'à entrer en contact. Nous sommes là, son épaule et son bras s'appuyant de tout leur poids contre moi. Je suis troublé, je rougis, nous ne sommes pas seuls dans le bureau. Je peux sentir sa chaleur. L'effet de se contact m'est tellement coutumier : la sensation de retrouver une partie de moi-même que j'avais perdu, de me sentir enfin entier.

Le choix terminé, je romprais ce contact à contrecœur. La sensation est douloureuse. Une fois sorti de son bureau je lui enverrai ce SMS : « Je t'aime Triniti Durand ! »

Je n'avais pas demandé cela... Elle est à un mois de son mariage...



Mieux qu'un banquier : un amoureux éperdu

25 aout 2009

 C'est l'heure du goûter et comme souvent, nous nous retrouvons à la cafétéria pour grignoter une barre céréalière et boire un café. Bien que je n'en sache rien, elle est à trois semaines de se marier, les préparatifs doivent aller bon train et le budget doit commencer à être dépassé. Elle sait que j'ai eu un peu d'argent d'avance suite à un changement dans ma vie professionnelle, je lui avais expliqué auparavant. Elle va donc me parler de ses problèmes avec son banquier. Quand je vais lui proposer de l'aider, elle me dira que c'est exactement ce qu'elle attendait de moi mais qu'elle n'osait pas me le demander...

Je lui ferai un virement de la somme dont elle a besoin sitôt qu'elle m'aura donné ses coordonnées bancaires, c'est à dire dans la demi-heure qui suit. Elle promet de me rembourser à la fin de l'année...

Quand j'apprendrai son mariage bien plus tard, une question tournera pendant des jours et des jours dans ma tête : qu'a t-elle acheté avec cet argent ? l'alliance de son mari, son costume, sa seconde robe ? Il n'y a pas de réponse, bien sûr... Quand je lui demanderai de me rembourser immédiatement, elle fera la réponse suivante :

« Je suis bien embêtée, nous avions convenu que je te rembourserai lors que j'aurais mon 13 mois au mois de décembre. »

Mon monde s'est écroulé un 5 octobre 2009, le jour où j'ai découvert qu'elle s'était mariée dans mon dos. Pendant plusieurs jours je fus à deux doigts de commettre l'irréparable et elle, me répondait qu'elle était "bien embêtée" ! Après que j'eu lu cette réponse, mon univers déjà branlant s'effondra un peu plus...

Quelque temps après avoir écrit ce billet, j'ai fini par trouver à quoi ont servi ces 700 €. C'est à en pleurer.

NDLA :  "nous avions convenu" n'est pas français, "lorsque" s'écrit en un seul mot et "j'aurais" ne prend pas de "s" au futur simple



Hypocrisie

Jeudi 24 septembre 2009

Je ne l'ai pas vue depuis le 11 septembre (et pour cause, elle était en plein mariage !). Le Lundi 14, j'avais bien essayé de l'appeler pour la voir mais j'étais tombé sur son répondeur. Je lui avait laissé un message. Ce 24 septembre, c'est l'heure de notre gouter et je lui envoie un mail pour l'inviter à me rejoindre à la cafétéria. Comme à notre habitude, je me procure quelques barres céréalières et autres sucreries.

Elle attaquera directement notre conversation par une série de reproches :

- « Comment se fait-il que tu n'ais pris aucune nouvelle de moi pendant mon absence. J'aurais bien aimer recevoir un SMS ou un message sur mon répondeur. Tu te dis amoureux de moi et je peux disparaitre dix jours sans que tu ne t'en inquiètes outre mesure »

J'essaye d'argumenter en disant que je l'avais bien appelée le lundi 14, lui laissant un message et qu'elle ne m'avait pas rappelé. Elle ne veut rien entendre et réitère sa volée de reproche. Après notre goûter, je repenserai à ses propos, allant jusqu'à me culpabiliser de ne pas avoir pris de ses nouvelles...

Le pire est encore à venir : après que j'eus découvert son mariage dans mon dos, elle me dira qu'elle aurait bien aimé me l'apprendre de vive voix mais que je n'étais pas disponible... Ce Jeudi 24 septembre, j'étais cent pour cent disponible...

Après deux mois d'enquête, de réflexions, de tentatives pour recoller les morceaux de ce puzzle, cela me conforte dans mon jugement : elle n'a jamais été capable d'assumer aucun de ses actes, se contentant systématiquement de rejeter en bloc toute responsabilité et d'attaquer l'autre afin de le mettre en position inférieure... A nouveau, elle avait bien réussi son coup.



Cataclysme

Lundi 5 octobre 2009 - 13h51

Une demande arrive dans ma boite venant de la RH :

Veuillez changer le nom de "DURAND Triniti" en "DUPONT-DURAND Triniti" suite à son mariage.

En une fraction de seconde, tout mon univers s'écroule. Je tremble de tout mon corps, mon cœur s'emballe au point de me faire mal. Je n'entends plus rien ni personne autour de moi, un voile noir commence à brouiller ma vision, mes oreilles bourdonnent. Je sors précipitamment du bureau et tente de l'appeler. Répondeur. Je lui envoie un SMS lui demandant de me rappeler aussitôt qu'elle aura ce message.

Je ne peux pas retourner dans mon bureau, je sors de l'établissement puis vais marcher pour essayer de calmer la tempête qui s'est déchainée en moi. Mon cerveau est pris dans un ouragan de pensées. Quand s'est elle mariée ? Pourquoi ne pas m'en avoir parlé pendant ces six derniers mois ? Comment peut-elle me faire cela sachant très bien ce que cela allait déclencher ? Pourquoi m'avoir fait croire qu'elle m'aimait toujours ? Pourquoi ces sorties, ces cadeaux, l'argent que je lui ai prêté quelques semaines auparavant ? Je sens la folie prendre possession de moi, je pleure, je me sens tomber dans un abysse sans fin, mon corps me fait mal. Je vais supporter cela deux heures avant qu'elle ne m'appelle.

Elle m'appelle, m'accueillant par un « Bonjour » charmant et joyeux, contente de m'avoir au téléphone et que je l'ai sollicitée. Visiblement elle ne connait pas l'objet de mon appel. Je lui apprends ma découverte et elle commence à m'expliquer calmement qu'elle est en formation, qu'elle ne peut pas me parler, que l'on verra ça à son retour dans trois jours . Je ne lui laisse pas le temps de finir. J'ai besoin d'explications, là, maintenant, toute de suite. Elle peut bien laisser sa tomber sa formation que nous ayons une longue discussion. Je suis très agressif, l'accusant déjà de m'avoir menti pendant six mois, de m'avoir fait faire ses quatre volontés pendant tout ce temps, j'ai la voix pleine de sanglots, comment à t-elle pu me faire une telle chose ? Elle raccroche. Je tente aussitôt de la rappeler et je tombe sur son répondeur...

Je vais rentrer tôt et me saouler jusqu'à être malade. Rien à faire, je reste désespérément et incroyablement lucide, incapable de ne  penser à autre chose qu'à elle et sa trahison. Durant les trois jours qui vont suivre, je ne vais ni manger, ni dormir, ni travailler. Je serai bien présent au bureau mais dans l'incapacité de faire quoi que ce soit, je quitterai le bureau plusieurs fois par jour pour aller marcher et marcher encore.

Je vais essayer de l'appeler jour et nuit et je tomberai à chaque fois sur son répondeur, lui laissant message sur message, exprimant un coup mon désespoir, mon amour pour elle, lui expliquant qu'elle vient d'arracher une partie de moi ; au coup d'après ma colère, ma haine quelle se soit mariée dans mon dos, qu'elle m'ait laissé espérer ;  la fois suivante, mon incompréhension, lui posant des questions dont je n'aurais jamais les réponses.

Je vais arpenter les bois de mon village toutes les nuits, hurlant, pleurant, m'allongeant parfois dans l'humus pour essayer de m'enterrer afin que cesse ma douleur. Toutes mes pensées et mes raisonnements ne me mène qu'à une unique fin : le suicide.

Le mercredi matin,première crise de folie : je vais appeler son mari après avoir obtenu son numéro de portable auprès de ses collègues qui le connaissent. Notre conversation sera rapide, moins de dix minutes pendant lesquelles il me laissera m'exprimer. Je lui vais lui expliquer notre liaison, le fait que je l'ai quitté en 2006 après qu'elle m'ait fait quitter ma femme, divorcer, vivre seul, me faisant croire à un vrai avenir avec elle. Que ce mariage était censé n'être qu'une formalité pour protéger leur fils, qu'ils n'avaient aucun rapport amoureux, qu'elle ne m'en parlait plus depuis neuf mois et qu'elle n'avait même pas été capable de me l'apprendre de vive voix. Que j'étais en train de sombrer dans une folie destructrice.

La réponse sera calme, moqueuse, comme remplie d'ennui : non, il s'agit bien d'un vrai mariage d'amour, préparé avec soin ; Oui, ils ont bien une relation amoureuse, des rapports sexuels, après tout ils ont bien eu un enfant ensemble et elle est sous contraceptif. Il a mis fin à la conversation par un "que veux tu que je te dises ?" laconique.

Je vais la rappeler aussitôt pour lui faire part de ma conversation avec son mari. Lui disant ce qu'il m'avait dit. Elle va tout nier en bloc, me dire exactement le contraire : ce n'était qu'un petit mariage, cela fait dix ans qu'il ne l'a pas touchée. C'est un menteur... Elle est courroucée que j'ai appelé Roger. Elle me souhaitera que j'ai un accident de moto et me raccrochera une nième fois au nez.

 Je n'en peux plus ! Tant de mensonges, tant d'hypocrisie. Même au pied du mur, elle me ment effrontément. La folie redouble d'intensité dans mon esprit envahi de pensée de plus en plus morbides. La douleur est trop forte. Je veux mourir, je vais lui dire ainsi qu'à mon ami.

[...]



Enfin une vérité

Décembre 2009

Mes recherches m'ont permis de trouver au moins une vérité. Je sais maintenant à quoi ont servi les 700 € qu'elle m'a empruntés trois semaines avant son mariage. Cliquez donc sur l'image pour l'agrandir...

612 € HT ça fait 725 € TTC... Summum de l'irônie : mes 700 € auront financé l'alliance en or blanc de son mari...



Fermeture

[...]

Pour conclure



Le bilan

Après ces neuf années, nous en sommes là. Ce sont des faits, il s'agit de la réalité de ma propre vie :

A son actif

A son passif

Elle aurait pu empêcher la totalité de cela. Les comptes sont loin d'être équilibrés.



Il est l'heure de fermer

Voila, j'écris ce billet alors que le site vient d'être mis en ligne. Plusieurs personnes sont dans la confidence et l'ont déjà lu. Il est référencé, il va doucement pointer son nez dans Google. Il va vivre, des visiteurs vont venir, le bouche à oreille et la rumeur vont faire leur travail : elle sera mise au courant par quelqu'un exactement comme j'ai appris son mariage par un vulgaire mail de la RH. Cela va lui faire mal et ce sera tant mieux. Elle ne le montrera pas, elle est trop forte pour cela. Elle restera fière, capable de toiser n'importe qui potentiellement au courant. Vraiment, elle ne cessera de m'étonner en bien comme en mal.

Puis, il va s'éteindre doucement, se fondre dans les millions de blogs de la toile, un parmi tant d'autres. De temps à autre, un visiteur tombera dessus par hasard. Il s'attardera peut être ou passera son chemin. Une autre fois, ce sera une personne concernée qui le lira peut-être entièrement. J'aurais des commentaires de temps en temps. Ou pas.

Cela m'importe peu maintenant. Je sais que je vais être heureux car je le mérite. Je sais aussi que chaque seconde de bonheur qu'il me reste à vivre me sera rendue par elle. Dans ce monde, tout se paye un jour ou l'autre. Elle m'a fait du mal pendant six longues années, je lui prédis 189 216 000 secondes de tristesse dans sa vie à venir.

Je sais maintenant que ce blog servira de réconfort à tout ceux à qui elle a fait du mal, à tout ceux sur qui elle a dégoisé avec son "frère" Ditch. A tout ceux là, je dis : « Restez sereins, elle et Ditch finiront un jour dévorés par leur propre auto-suffisance. »

La vérité a été écrite. J'ai dit ce que j'avais à dire. Je suis serein et je suis enfin libre.

Frédéric.